Pauline Marois et Pierre Karl Péladeau, lors de l'annonce officielle de la candidature de M. Péladeau.

Pierre Karl Péladeau candidat du PQ dans St-Jérôme

Le magnat de la presse Pierre Karl Péladeau débarque avec fracas dans la mêlée électorale comme candidat du Parti québécois (PQ) dans Saint-Jérôme. Il ne se proclame «ni à gauche, ni à droite» et y va d'une profession de foi indépendantiste sans équivoque.
M. Péladeau a mis fin aux rumeurs l'entourant, dimanche, par une entrée en scène spectaculaire. Débarquant de l'autobus de campagne de Pauline Marois, il s'est amené au Café de la gare de Saint-Jérôme, en circulant devant une haie de partisans souriants et d'organisateurs politiques radieux.
L'influent homme d'affaires a dit et répété qu'il est un souverainiste dans l'âme. «Mon adhésion au Parti québécois est une adhésion à mes valeurs les plus profondes et les plus intimes : faire du Québec un pays», a-t-il lancé devant les quelque 150 militants enthousiastes.
L'envergure du personnage ne fait pas de doute. Le PQ estime avoir frappé un grand coup dans la course électorale qui mène au 7 avril. «Ça va irradier partout», a analysé un stratège de haut niveau en songeant notamment à la région de Québec, où le PQ est en butte à l'hostilité de médias radiophoniques.
«C'est exceptionnel que des gens comme lui viennent en politique», a-t-il ajouté au sujet du candidat qui quitte l'empire qu'il a édifié. Dans son allocution, M. Péladeau a d'ailleurs souligné que «je vis une très grosse journée. J'ai consacré 25 ans à Québecor, fondé par mon père».
M. Péladeau a toujours été le patron. Au point de presse, il s'est fait demander s'il a l'ambition de succéder à Pauline Marois. «J'ai l'intention de représenter les électeurs et les électrices de Saint-Jérôme», a-t-il souri.
Polémique
Son passé d'entrepreneur n'est pas exempt de polémique. En point de presse, il a pris soin de dire qu'il n'incarne pas un virage de la formation de Pauline Marois vers la droite. «Je reprendrais la formule de M. Bernard Landry», ex-chef du PQ et ex-premier ministre. «Ni à gauche, ni à droite, en devant.»
Le bruit de sa candidature court depuis trois mois. L'ex-pdg de Québecor, propriétaire notamment de TVA, l'a niée à plusieurs reprises, la dernière fois pas plus tard que le 26 février devant la Chambre de commerce de Lévis. «Je n'avais pas l'intention de me présenter en politique», a-t-il maintenu, dimanche.
L'insistance de Pauline Marois a compté, a-t-il dit. C'est surtout la permission de briguer les suffrages que lui a donnée Julie Snyder, sa conjointe avec qui il est en instance de divorce, qui a pesé le plus.
«Ceux qui ont connu des moments de séparation savent qu'on traverse une étape éprouvante», a-t-il laissé entendre sur un ton très personnel. Le couple a été référé à une psychanalyste pour une médiation. «Julie et moi sommes en bonne voie pour trouver une solution. Julie m'a donné son accord. Je suis privilégié de compter sur son soutien.»
Les organisateurs péquistes n'ont mis que cette seule activité publique à l'agenda de la première ministre sortante, question de ne pas porter ombrage à la recrue que les médias désignent par ses initiales PKP. Pour Saint-Jérôme, il s'agit d'un second candidat-vedette à vouloir représenter les électeurs de l'endroit.
L'actuel député caquiste Jacques Duchesneau a décidé de ne pas se représenter. Il y a 18 mois, auréolé de son prestige de dirigeant de l'unité policière anticorruption, M. Duchesneau avait aussi effectué une entrée retentissante dans la campagne électorale. Il avait permis à la Coalition avenir Québec de se maintenir à flot pendant au scrutin du 4 septembre 2012.