«De savoir qu'une chanson les a touchés, qu'elle signifie quelque chose pour des amoureux ou que le bébé de la famille aime un air que j'ai composé, c'est merveilleux, dit Phillip Phillips. C'est une belle preuve qu'une musique est universelle lorsqu'elle parvient à se faire une place aussi profonde dans nos vies.»

Phillip Phillips: le gars d'à côté

Même si vous croyez ne pas connaître Phillip Phillips, sa chanson Home s'est certainement rendue jusqu'à vos oreilles au cours de la dernière année. Le gagnant d'American Idol 2012 apporte son folk lumineux et planant à la salle Louis-Fréchette lundi, et les billets, hormis un esseulé au parterre, ont tous trouvé preneur.
«Je ne savais pas... Ça y est, je suis vraiment nerveux maintenant», a laissé tomber le jeune homme avec un sourire dans la voix - qu'il avait plus grave qu'à l'habitude à cause d'un rhume - lorsque Le Soleil lui a appris la chose. Sans prétention, le chanteur de 23 ans a tout pour attirer la sympathie, et c'est en toute simplicité qu'il a répondu à nos questions.
Celui qui tournera presque exclusivement au Canada jusqu'en avril se laisse porter par la vague, tout dévoué au plaisir de faire entendre les chansons de son premier album, The World from the Side of the Moon, quelques relectures choisies au hasard des arrêts («mais souvent du Johnny Cash», annonce-t-il) et quelques titres de son deuxième album à paraître quelque part en mai.
Un titre? Pas encore. Mais à l'image de l'intitulé de son premier opus, le chanteur et guitariste ne se contentera pas de piger parmi les noms de ses chansons, il trouvera une formule inédite. «On verra un autre côté de moi. Je crois que c'est plus mature comme album, autant côté musique que côté texte. Enfin, j'espère que c'est l'impression que les gens auront en l'écoutant. Je vais dans des zones beaucoup plus sombres.»
La déclaration, venant d'un artiste qui a eu une année plus qu'enviable, étonne. «Disons que ce qui se passe dans ma vie professionnelle et ce qui m'arrive personnellement n'est pas toujours relié», glisse Phillips, refusant toutefois d'en dire davantage. Il faudra lire entre les lignes de ses prochaines paroles de chanson... Raging Fire, le simple qu'il a lancé lundi, est par exemple «une chanson d'amour, mais avec un côté lourd», décrit-il. Des percussions plus marquées que dans ses pièces précédentes, aussi. Que les fans se rassurent, toutefois, même si le jeune homme né dans l'État de la Géorgie dit s'être obscurci, on reconnaît toujours son côté à la Mumford & Sons, ses intonations singulières et une montée qui donne l'impression de foncer vers le soleil de fin d'après-midi sur une route qui traverse la plaine.
L'enregistrement du premier album s'était fait en à peine trois semaines. «Mais les chansons étaient toutes écrites, on savait pas mal quels arrangements on ferait. Cette fois, on prend plus notre temps. On essaie, on laisse les idées mûrir», indique Phillips.
Après un séjour aux Quad Studios à Manhattan pour enregistrer son nouveau simple, Phillip Phillips se trouvait jeudi à Los Angeles pour une performance sur le plateau de l'émission qui l'a consacré.
«J'ai hâte de revoir l'équipe, les techniciens, tout le monde. Je sais que ça va bien aller, même si je n'aime pas trop faire des performances en direct à la télé», indique Phillips. Paradoxal, non, pour un artiste qui s'est justement fait connaître au petit écran? «On ne s'habitue jamais, c'est toujours comme une première fois, puisque c'est toujours différent», répond-il.
Que du bonheur
Sur scène, toutefois, il assure n'éprouver que du bonheur, une fois les premières chansons passées. Du moins, et adorer aller à la rencontre du public. Les témoignages d'affection abondent, mais rien ne le touche plus que lorsque les missives de ses fans portent sur ses chansons. «De savoir qu'une chanson les a touchés, qu'elle signifie quelque chose pour des amoureux ou que le bébé de la famille aime un air que j'ai composé, c'est merveilleux. C'est une belle preuve qu'une musique est universelle lorsqu'elle parvient à se faire une place aussi profonde dans nos vies.»
Phillip Phillips sera en spectacle lundi au Grand Théâtre de Québec à 20h, mais c'est complet. Il jouera également à Place des Arts à Mont­réal mardi, puis au Centre national des Arts d'Ottawa mercredi.