Philippe Marquis avait posé en décembre pour une série de photos en vue des JO.

Philippe Marquis: sur les traces de son frère

Après avoir skié plusieurs années dans l'ombre de son frère Vincent, Philippe Marquis savait ce qui l'attendait quand son aîné a annoncé sa retraite au terme de la saison 2010, une campagne marquée par une quatrième place dans l'épreuve de bosses lors des Jeux de Vancouver.
«Je savais que je devais continuer sur sa lancée», a indiqué le bosseur qui sera des Jeux de Sotchi après moult péripéties. «Il avait tellement eu une belle carrière et il avait tellement bien fini que je ne voulais pas le désappointer. Je connaissais mon potentiel et j'avais aussi des objectifs élevés.
«Quand Vincent a pris sa retraite, je me suis lancé à fond dans mon sport avec encore plus de passion. Je me suis entraîné encore plus fort pour arriver à un niveau qui me permettrait d'être parmi les meilleurs au monde», a ajouté le bosseur de 24 ans, qui est actuellement classé 12e sur la scène internationale.
Être dans l'ombre de Vincent n'a jamais dérangé le cadet de la famille. «Ça faisait juste partie de la game. Il était plus grand, plus vieux, meilleur... Moi, ça me motivait. Ça me donnait l'occasion de me dépasser encore plus afin de le rattraper.»
Même s'il avait de grands skis à chausser et qu'il s'était fixé des objectifs élevés, Philippe n'avait pas senti beaucoup de pression à l'idée de prendre la relève de Vincent. Elle venait plutôt du calibre très relevé des bosseurs du Québec et de l'obligation de poursuivre la domination québécoise en ski acrobatique sur la scène internationale.
«Je crois que pour les Marquis, être dans l'ombre des Pierre-Alexandre Rousseau, Alexandre Bilodeau et maintenant Mikaël Kingsbury a toujours fait partie de notre réalité. Mais c'est aussi ce qui nous a permis de nous démarquer de différentes manières. Moi, par exemple, j'ai une personnalité un peu plus bouillante que celle de Vincent. Et c'est comme ça que je sors du lot.»
Une voie tracée d'avance
La voie de Philippe dans le monde du sport était un peu tracée d'avance. Quand il était jeune, Vincent était son idole. Ce fut donc normal pour lui de vouloir l'imiter. «Mais j'ai toujours pris mes décisions. Ainsi, quand je suis arrivé à la croisée des chemins vers l'âge de 16 ans et que j'ai dû choisir entre le soccer et le ski acrobatique, j'ai décidé d'opter pour la pratique de mon sport d'hiver où j'avais définitivement plus de potentiel. Par la suite, avoir Vincent devant moi m'a ouvert le chemin de nombreuses manières.»
Même si le jeu des comparaisons avec son aîné semblait inévitable, il a toujours su y échapper. Oui, dans le privé, les deux frangins ont à plusieurs reprises comparé leur cheminement, leurs performances et leurs exploits. Mais jamais le cadet n'a senti qu'à l'extérieur du cadre familial, des gens le comparaient à Vincent. Ni du côté de ses entraîneurs ni du côté des gens du milieu du ski acrobatique.
«Faut dire que l'on a des styles complètement différents. Je crois que le mien est beaucoup plus doux et plus fluide que celui de Vincent. C'est peut-être pour ça que mes genoux sont encore en bonne santé. Vincent est beaucoup plus agressif. Il n'a jamais été question pour lui de sortir de piste. Ç'a toujours été de haut en bas et de haut en bas à répétition. Et c'était sa force. Il avait une constance que je n'ai pas vraiment.»
Même s'il en sera à ses premiers Jeux à Sotchi, Philippe profitera d'une certaine expérience olympique. Ouvreur de piste lors de l'épreuve des bosses de Vancouver, il a pu emmagasiner un bon bagage d'expérience qui lui sera très utile dans deux semaines.
«C'est l'avantage que nous, les athlètes canadiens, avons eu. Nous avons été dans le contexte des Jeux et nous avons pu voir que ce n'était pas une simple Coupe du monde et comment c'était immense. C'est donc un avantage comme celui d'être allé à Sotchi trois fois au cours des trois dernières années en tant qu'athlète lors d'une Coupe du monde test et d'une Coupe Europa, en plus d'y avoir fait une visite comme simple touriste.»