Philippe Marquis n'ira pas aux JO de Sotchi malgré une bonne performance à la Coupe du monde de Val Saint-Côme

Philippe Marquis flirte avec Cendrillon

«Un sacré bon show» que les Canadiens n'oublieront pas de sitôt. Voilà ce qu'a prédit Justine, la benjamine du trio Dufour-Lapointe, pour les performances olympiques de l'équipe de ski acrobatique. Trois athlètes de la région sont au programme du spectacle ne comptant qu'un absent de marque: Philippe Marquis, qui a atterri à un petit rang d'une qualification. Crève-coeur.
Depuis le début de la saison, le bosseur de Sainte-Foy skiait avec un billet temporaire pour Sotchi dans les poches. Il devait défendre ce laissez-passer, acquis grâce à ses résultats de l'hiver 2013, contre ses coéquipiers non qualifiés pour les JO, mais aussi le protéger des athlètes pickpockets des quatre autres disciplines du ski acrobatique. Oui, une sélection comparant des pommes et des oranges.
Vendredi, deux jours avant la dernière Coupe du monde précédant les Olympiques, l'athlète de 24 ans apprend que son billet vient d'expirer, les résultats de Chris Del Bosco (skicross) et des filles en slopestyle le délogent de son siège olympique.
«On m'a enlevé mon spot à deux jours de la fin», a expliqué avec émotion celui qui luttait pour une première expérience sur les planches olympiques. «Ce soir-là, les entraîneurs m'ont expliqué que je devrais finir septième ou mieux, dimanche. Je savais que j'étais capable, mais ça m'a bouleversé. Je n'en ai presque pas dormi pendant deux jours.» 
Se ressaisissant, notamment grâce aux conseils de son entraîneur Chris Wong, Marquis s'est présenté à la piste de Val Saint-Côme en paix avec lui-même, libre, et en acceptant la pression. En champion, quoi. 
«Chris m'a fait comprendre que j'étais chanceux d'avoir autant de pouvoir entre les mains. Très peu d'athlètes se lèvent un matin en sachant qu'ils vont passer la meilleure ou la pire journée de leur vie. J'avais la chance exceptionnelle de pouvoir contrôler mon destin.»
L'extase avant les larmes
C'est ainsi qu'il a amorcé la compétition, devant une délégation de proches, avec l'une de ses meilleures descentes de la saison, s'y classant quatrième. En finale, partant 13e sur 16 compétiteurs, Marquis a enfilé les bosses et les deux sauts avec aplomb. Au bas de la pente, le regard de son frère, Vincent, bosseur olympique à la retraite depuis les JO de Vancouver, le convainc qu'il a fait le boulot.
«J'ai vu mon temps, l'un des plus rapides de la journée, et j'ai vu Vince qui criait, les yeux ronds, le poing dans les airs... À ce moment-là je me suis dit: ''Ça y est... J'ai écrit la finale Cendrillon.''»
Quelques secondes d'extase avant le cruel verdict des juges: cinquième. Le calcul s'est alors opéré rapidement dans la tête de l'athlète et dans celle des spectateurs présents à Val Saint-Côme. Cinquième, avec trois hommes en haut de la piste dont Alexandre Bilodeau et Mikaël Kingsbury, duo indétrônable depuis plus d'un an. 
À moins d'une rarissime contre-performance de ses coéquipiers, le sort de Marquis dépendrait donc du suivant. L'Américain Bradley Wilson a exécuté une descente similaire à celle du Québécois. Les juges auraient le dernier mot. À l'annonce du pointage, Philippe Marquis raconte s'être écroulé sur ses genoux, les larmes ont jailli alors qu'il venait de se faire déloger.
Il a ensuite regardé, impuissant, dans un état second, ses coéquipiers se saisir du sommet du podium. Ç'en était fait de son parcours olympique. Après les blessures à répétition, un système de sélection truffé de subtilités et de caprices aura eu raison de ses ambitions.
Malgré la déception, l'acrobate admet cependant que les règles sont écrites «noir sur blanc», lui seul avait les rênes de sa destinée. 
Pour au moins quatre ans, La Marquis, piste de Stoneham, restera uniquement en l'honneur de la quatrième place olympique de son frère, qui, ironiquement, était lui aussi passé à un petit rang de son objectif ultime.