Philippe Couillard promet de procurer aux investisseurs étrangers et aux entreprises d'ici «la prévisibilité et la stabilité nécessaires» pour investir au Québec et créer des emplois.

Philippe Couillard promet 250 000 emplois en cinq ans

Philippe Couillard reprend la promesse de son prédécesseur Jean Charest de créer 250 000 emplois en cinq ans. Un engagement annoncé jeudi matin au moment de présenter son «trio économique» composé de trois candidats de prestige, Jacques Daoust, Martin Coiteux et Carlos Leitao.
Pour honorer sa promesse de créer 250 000 emplois, le chef libéral ressuscitera le Plan Nord. «On va lui donner un massage cardiaque», a-t-il illustré. Il veut aussi rétablir le Plan québécois des infrastructures, instaurer un crédit d'impôt pour la rénovation de maisons et miser sur les accords de libre-échange avec l'Europe et les États-Unis.
Et la prospérité passe aussi par «le grand large», selon Philippe Couillard, qui dévoilera ce matin à Lévis sa Stratégie maritime.
Donner un coup de barre économique à la province est essentiel pour celui qui a pourfendu le bilan péquiste jeudi, l'accusant d'être à la source de la perte de 66 800 emplois en 2013. «Pendant ce temps, il s'en est créé 53 800 en Ontario et 136 800 au Canada», a soutenu M. Couillard.
Même discours chez sa recrue vedette Carlos Leitao. Celui que l'agence Bloomberg News a nommé deuxième meilleur économiste au monde en 2008 a qualifié de «catastrophique» la «situation actuelle pour l'investissement privé au Québec». «Pour une société vieillissante comme la nôtre, avec un très haut niveau de dette, glisser dans une zone de stagnation économique devient extrêmement préoccupant», a-t-il soutenu en conférence de presse à la Tour de la Bourse, à Montréal.
La promesse de créer 250 000 emplois en cinq ans est la même que celle de Jean Charest lors de la campagne de 2012. L'ex-chef libéral et son ministre des Finances de l'époque, Raymond Bachand, avaient convenu que leur cible était «ambitieuse» mais «réaliste».
M. Couillard ne voit rien de mal à reprendre les idées de son prédécesseur. «On s'inscrit dans une longue tradition de préoccupation de l'économie et de réalisations de grands projets. Ces principes économiques ne changent pas.»
Au moment d'énoncer ces promesses, Philippe Couillard a présenté les candidats qui composent son «trio économique». Outre Carlos Leitao, les libéraux ont aussi recruté Jacques Daoust. Cet ancien président d'Investissement Québec portera les couleurs du PLQ dans Verdun. Martin Coiteux, de la Banque du Canada, complète le trio dans Nelligan.
En après-midi, la caravane libérale s'est rendue à Yamachiche en Mauricie où le chef a visité l'usine de matériaux de construction Duchesne et fils, l'une des deux seules entreprises à fabriquer des clous au Canada. Pour Philippe Couillard, il s'agit du type de PME que son plan annoncé en matinée souhaite aider notamment avec diverses mesures, dont l'aide à l'innovation.
Dans son point de presse, en matinée, à Drummondville, la chef du Parti québécois a accueilli avec un haussement d'épaules la promesse de créer 250 000 emplois sur cinq ans. «C'est le même objectif qu'avait [en 2012] Jean Charest», a avancé Pauline Marois.
«J'imagine qu'il le copie», a-t-elle poursuivi. «M. Couillard dit aussi qu'il va rehausser les investissements publics. Ça veut dire aussi qu'il va faire comme M. Charest. Qu'il va continuer à endetter les Québécois. M. Charest l'a fait de 10 milliards $ par année dans les dernières années de son mandat.» 
Avec la collaboration de Michel Corbeil