Les Québécois «vont prendre congé d'élection pendant quatre ans», a prédit le libéral Philippe Couillard. Gouverner avec une majorité de sièges, «c'est mieux pour la stabilité».

Philippe Couillard ne se voit que majoritaire

Philippe Couillard refuse d'envisager autre chose que la formation d'un gouvernement majoritaire. Les électeurs «sanctionneront» le ton de ses adversaires, le ton «médiocre» de Pauline Marois, le ton «aigre» de François Legault.
En bon politicien, le chef libéral s'est gardé de «prendre pour acquis» une victoire, au soir du 7 avril. Mais, à sa première sortie de la journée, à Sherbrooke, il a affirmé qu'il «sent qu'il y aura un gouvernement majoritaire».
Les Québécois «vont prendre congé d'élection pendant quatre ans», a-t-il prédit. Gouverner avec une majorité de sièges, «c'est mieux pour la stabilité».
Selon lui, le climat dans lequel baigne la campagne y est pour quelque chose. Il a soutenu qu'il s'est personnellement maintenu au-dessus de la mêlée par le niveau de ses attaques.
Le chef du Parti libéral du Québec (PLQ) s'en est particulièrement pris à son adversaire du Parti québécois. Pauline Marois a laissé tomber, la veille, que les liens, qu'a eus le libéral avec le controversé Dr Arthur Porter, lui rappellent que «qui se ressemble s'assemble». Le commentaire de Mme Marois était «médiocre», a dit le chef du PLQ.
Philippe Couillard a aussi relevé l'entrevue, publiée, ce matin, dans La Presse, où le meneur de la Coalition avenir Québec se dit «dépassé» par l'idée que les Québécois puissent réélire le PLQ sans être conscients des neuf années de pouvoir du précédent gouvernement libéral. Le discours de François est «aigre», a commenté le libéral.
Ton négatif
Le ton est tellement négatif «que les gens ont commencé à tourner le bouton» et n'écoutent plus ce genre de propos, a fait valoir le libéral. Il semble s'être fait violence de ne pas répondre de la même manière, puisqu'il a laissé tomber qu'il s'est «mordu les joues» pour ne pas y aller de certaines répliques à la suite de sorties de ses opposants.
Philippe Couillard exclut de spéculer sur la possibilité de composer un gouvernement de cohabitation avec les élus d'autres formations. Il s'est fait fort de tendre la main aux partisans de ses adversaires.
Dimanche, le sprint final de sa campagne l'amènera à effectuer quelques sauts de puce en avion, d'un bout à l'autre du Québec. Les circonscriptions où la lutte s'annonce serrée constituent la cible pour cette offensive, a-t-il confirmé. Du nombre, signalons Bonaventure, en Gaspésie, qui a été ravie par le Parti québécois à la suite de la démission de la libérale Nathalie Normandeau