Portraits de famine Philippe Brach

Philippe Brach: débridé****

Elle est plutôt difficile à étiqueter, la mixture sonore mijotée sur le deuxième album de Philippe Brach. Moins d'un an et demi après son premier effort très prometteur (La foire et l'ordre), l'auteur-compositeur-interprète a repris du service en poussant la machine un peu plus loin.
On le connaissait indocile, un peu sauvage, parfois cru. Il nous revient encore plus débridé, armé de textes imagés - par moments cyniques, souvent complètement délirants, parfois d'une beauté tragique... ou toxicomane - et pas trop propres qu'il livre avec un panache (et un accent saguenéen) bien à lui.
Avec la complicité de Louis-Jean Cormier à la réalisation, l'irrévérencieux musicien présente des chansons qui s'ancrent toujours dans un fond de folk, mais qui se parent de cordes ou de cuivres, qui s'aventurent en terrain rock, voire psychédélique. Porté par d'indéniables qualités mélodiques, le contraste entre le raboteux et l'harmonieux est géré de main de maître par ce drôle de numéro.