Dans ce deuxième one-man-show, Philippe Bond braque les projecteurs sur lui-même et sur ses amis qui sont, semble-t-il, des sources inépuisables de gags.

Philippe Bond: de grands petits riens

Philippe Bond l'avait montré pendant son premier spectacle solo : il est capable de faire beaucoup de millage avec pas grand-chose. Cette aptitude ne se dément pas dans le deuxième. Toujours champion de l'anecdote, l'humoriste a déridé la salle Albert-Rousseau, mercredi, avec une panoplie d'histoires allant du rocambolesque au scatologique en passant par le nostalgique et l'improbable.
Bond n'est pas un modèle de sagesse. C'est lui qui le dit en fin de parcours, lorsqu'il se décrit comme un «ado avec du crédit». Il montre du doigt l'hérédité : «dans la famille, on a le gène de l'insignifiance», plaide-t-il pour expliquer l'immaturité dans laquelle il se complaît. Il endosse sans scrupule le rôle de celui qui refuse de vieillir, qui savoure ses mauvais coups comme un gamin, qui se fait presque une fierté d'être perçu comme une mauvaise influence par les blondes de ses amis.
Entre son travail à la radio (à l'émission matinale de NRJ Mont-réal), ses tournages à la télé sur les ondes de V (et bientôt de TVA...) et sa précédente tournée qui s'est terminée il n'y a pas si longtemps, on a de quoi se demander quand Philippe Bond a trouvé le temps d'écrire un nouveau spectacle. C'est justement dans sa vie d'humoriste qu'il pige pour lancer ce deuxième chapitre en statuant sur les règlements qu'il impose désormais à son public. Les cellulaires ne seront pas tolérés, on s'y attendait. Les demandes spéciales emmerdantes et les mères aux mains baladeuses pendant la séance d'autographes non plus. Tenez-vous-le pour dit!
Lui, sa famille, ses amis
Dans son premier one-man-show, le comique nous avait conviés dans sa famille, un clan on ne peut plus coloré. Papa Bond et les neveux refont d'ailleurs des apparitions fort sympathiques. Mais cette fois, l'humoriste braque les projecteurs sur lui-même et sur ses amis qui sont, semble-t-il, des sources inépuisables de gags. Grâce à eux, on a droit à une improbable histoire de greffe de cheveux, à un mariage à Cuba où Bond n'était pas le bienvenu, à une soirée de feux d'artifice au dénouement pour le moins... explosif. Des histoires qu'on raconterait dans un party de cuisine, avec un boni pour les mimiques.
Ça ne vole pas toujours haut dans ce deuxième spectacle, certainement plus cru que le précédent. Au détour d'un récit, Bond poussera la caricature en disant que réfléchir n'est pas quelque chose qu'il a fait souvent dans sa vie. Disons que ceux qui cherchent de la substance et de la profondeur auraient sans doute intérêt à aller voir ailleurs. Mais il ne fait aucun doute que le charisme et le talent de conteur de Philippe Bond font toujours mouche auprès de ses fans.
Des supplémentaires de Philippe Bond 2 sont prévues à la salle Albert-Rousseau les 10 et 11 mars.