Entre espoir et désillusion, Philémon Cimon joue de contrastes dans son nouveau bouquet de chansons.

Philémon Cimon: l'été à l'année

Non, ce n'est pas pour nous narguer que Philémon Cimon a choisi d'intituler L'été l'album qu'il lancera au Cercle mercredi. S'il reconnaît que «l'ironie du sort n'est pas si mal», c'est plutôt dans une saison symbolique qu'il nous convie avec ses nouvelles chansons : «c'est un été métaphorique, un état d'esprit», évoque-t-il.
Plus jeune, Philémon voyait en l'été une période de création. Pas d'école, pas d'obligation, pas de barrière. Et pour celui qui a souvent passé les vacances dans Charlevoix, cette liberté avait pour toile de fond la grandeur de la nature, «entre la montagne et la mer».
«Tout ça s'est mis à avoir une sorte de connotation qui est restée avec moi, confie le chanteur. Un jour, j'ai arrêté d'aller à l'école pour ne faire que de la musique. À partir de ce moment-là, l'été s'est mis à durer pas mal 365 jours par an.»
Son constat : vivre la belle saison à l'année, ce n'est pas drôle tout le temps. «C'est un état d'esprit que tu dois dompter, observe-t-il. Il n'y a jamais personne qui va m'obliger à écrire des chansons, personne qui me dit quoi faire le matin. Il faut que je voie de quelle façon je vais arriver à être créatif pour qu'à la fin de la semaine, j'aie l'impression d'avoir vécu, d'avoir apporté quelque chose.»
Influence cubaine
Vous vous souvenez sans doute de lui sous le pseudonyme Philémon Chante. Le jeune homme a officialisé son changement de nom en novembre dernier, sur son site Web : «Maintenant, je n'ai plus besoin d'expliquer que je vais chanter quand je chante et, quand on me demande mon nom, généralement, je réponds Philémon Cimon», expliquait-il simplement.
Son premier album complet, paru en 2010, Philémon l'avait enregistré à Cuba. De ce voyage, il a gardé l'idée de collaborations fructueuses, «d'une réussite dans le mélange d'énergies improbable», mais aussi d'un rendez-vous manqué avec le saxophoniste Nestor Rodriguez Vilardell. Il s'est repris en conviant le musicien à Montréal pour la création de L'été. «Je savais qu'il amènerait une signature très différente des autres, qu'il nous obligerait à réagir et qu'on allait trouver notre propre son entre nous, indique Cimon. J'aime bien quand les trucs ne sont pas directs. Je ne crois pas qu'on fait notre vie en ligne droite, j'aime quand ça va dans tous les sens. En studio, il faut que ce soit la même chose.»
Plumes d'hier et d'aujourd'hui
Les nouvelles chansons de Philémon cultivent les contrastes en se teintant tantôt de romantisme, de nostalgie ou d'espoir, tantôt d'une certaine détresse ou de désillusion. «J'écris et souvent je me rends compte un an plus tard de ce que j'ai voulu dire, avoue-t-il. Ça vient d'une impulsion, d'un sentiment qui appelle. Et si tu ne réponds pas, c'est comme un téléphone... Ça raccroche tout d'un coup!»
L'artiste signe une sorte de prière avec la pièce Je veux de la lumière. Il assume la référence, lui qui inclut la Bible dans les livres marquants de sa bibliothèque, auprès des textes d'Homère, de Sophocle, de Virgile ou de saint Augustin. «J'adore ces livres qui recherchent un peu la même chose, qui ont une sorte de connexion avec une divinité, évoque-t-il. Qu'on décide que ce soit le Bon Dieu chrétien ou que ce soit n'importe quoi d'autre, ils cherchent un accès à la grâce. Il y a quelque chose d'indémodable là-dedans. J'adore voyager et avec ces livres, je voyage dans le temps.»
S'il apprécie les oeuvres qui ont traversé l'histoire, le musicien s'est tourné vers des plumes bien actuelles pour apporter une nouvelle dimension à l'aventure de L'été. Douze auteurs - dont Marie-Claire Blais et Fanny Britt - se sont inspirés des pièces de Philémon pour créer un texte. Ceux-ci sont réunis dans le recueil Un an en été et autres étirements de chansons, qu'on peut télécharger gratuitement à l'achat de l'album ou commander en format physique à la boutique Audiogram (boutiqueaudiogram.com).
«On est vraiment content parce qu'on voit que les gens ont fait un réel effort, se réjouit Philémon Cimon. Ce sont de beaux textes, des textes sentis. Quand tu lances une idée comme ça, tu ne sais pas ce qui va en revenir. Ç'a dépassé nos attentes.»
Vous voulez y aller?
Qui : Philémon Cimon (spectacle de lancement)
Quand : mercredi à 20h
Où : Le Cercle
Billets : 20 $ (incluant l'album L'été)