Sarah Barthel et Josh Carter ont lancé la semaine dernière leur second disque, Voices.

Phantogram: quand ça clique

Dans le domaine de la musique, il faut trouver la bonne recette, les collaborateurs avec qui ça clique, pour enfin obtenir le succès attendu. C'est encore plus vrai pour le duo new-yorkais Phantogram, qui lançait la semaine dernière Voices, son deuxième album.
«J'étudiais en arts visuels et c'est quand j'ai rencontré Josh que j'ai décidé de changer de domaine. Il m'a incitée à créer de différentes façons et m'a demandé de chanter sur quelques pièces sur lesquelles il travaillait. Finalement, ça a très bien sorti et ça a été la genèse de ce qui est Phantogram aujourd'hui», explique la claviériste et chanteuse Sarah Barthel en entrevue téléphonique au Soleil la veille d'un spectacle présenté à Laval.
Le duo s'est au départ appelé Charlie Everywhere avant d'adopter le nom qu'on lui connaît aujourd'hui. «Charlie Everywhere, on est arrivés avec ce nom sans vraiment y penser. On avait deux chansons d'écrites et quand on a réalisé qu'on commençait à avoir des fans, on s'est dit qu'il était temps de trouver un nom qu'on aimait et qui nous représentait», raconte le guitariste et chanteur Josh Carter.
«Quand Josh a suggéré ce nom, je trouvais qu'il était intéressant visuellement, je trouvais alors que ça sonnait comme un message venant d'un autre monde [c'est en fait une illusion d'optique] et j'aimais la connexion que ce mot avait avec notre son», poursuit Sarah.
Avant Phantogram, Josh Carter avait déjà quelques années de musique derrière la cravate, ayant participé au projet expérimental Grand Habit de son frère John. Il avoue ne pas s'inspirer d'artistes particuliers et avoir des goûts musicaux très variés.
«Quand on enregistrait Voices, on écoutait toutes sortes de musiques différentes, du soul, du rock psychédélique, du yéyé, des groupes shoegaze comme My Bloody Valentine, les Beatles, Wu-Tang Clan, Sonic Youth, OutKast», explique-t-il.
Avec Big Boi
OutKast, bien sûr, puisque le rappeur Big Boi, la moitié du duo hip-hop, en est un autre avec qui ça a cliqué rapidement pour Phantogram. Une rencontre des années 2010 via le Web 2.0.
«Oui, oui, nous avons connu Big Boi via Twitter! explique Josh. Nous avions lancé notre premier simple, Mouthful of Diamonds et il a écrit un tweet à ce sujet. Ensuite, nous l'avons rencontré en tournée à quelques reprises et il aimait vraiment notre son.»
Ainsi, Phantogram a contribué à trois pièces de l'album Vicious Lies and Dangerous Rumors lancé par Big Boi en 2012 et s'apprête maintenant à pousser la collaboration encore plus loin.
«Nous avons avec lui un projet qui s'appelle Big Gram et on travaille sur des chansons. Il n'y a pas encore de date de lancement, mais ce sera quelque chose de vraiment cool, de très expérimental», assure Josh.
Après avoir placé plusieurs de ses pièces dans des séries télé au fil des années, le groupe a également reçu beaucoup de visibilité récemment quand sa pièce Lights est apparue sur la trame sonore du second film de la série Hunger Games.
«Quand on nous a demandé de contribuer à la trame sonore de Hunger Games, nous étions très flattés. Sûrement que ça aide à nous faire connaître davantage, mais c'est difficile à quantifier», indique Josh.
«Quand on nous demande d'utiliser une de nos chansons pour une émission de télé ou un film, si ce n'est pas quelque chose auquel nous nous opposons, la majorité du temps nous disons oui. Je ne crois pas que ça nous empêche de garder notre intégrité musicale», termine-t-il.