Marco rencontre Rose et Sarah, des soeurs habituées de jouer les dures qui vivent dans une voiture.

Petites bûches aux Gros Becs: apprivoiser l'autre

L'auteur de Québec Jean-Philippe Lehoux aborde la peur de l'autre dans la pièce Petites bûches présentée ces jours-ci aux Gros Becs. Un thème profond développé dans une écriture fine et livré de belle façon par les quatre comédiens.
Marco, 10 ans, quitte le Canada pour voyager en Europe de l'Est avec ses parents partis pour «réparer le pays» après la guerre. À l'aéroport, il les perd de vue et se retrouve seul dans la ville (jamais identifiée dans le récit). Les objets du décor en disent long sur l'état de l'endroit : une voiture endommagée, un carrousel de chevaux rouillé et un coffre rempli de vieux objets.
Dans ce lieu bien loin des images de cartes postales, Marco rencontre Rose, 12 ans, et Sarah, 8 ans, dont les parents sont morts lors de la guerre. Elles vivent dans la voiture. Marco a d'abord peur d'elles, surtout qu'elles parlent une langue qu'il ne comprend pas. Mais Rose et Sarah ont appris le français grâce à leur père, professeur d'université.
Les soeurs sont de leur côté réticentes à accorder leur confiance à Marco qu'elles ne voient que comme «un étranger de l'Ouest». Habituées à jouer aux dures, elles tentent de voler son passeport et son appareil photo.
Elles se sentent également menacées par Angelo, un vieux vagabond italien venu s'installer près d'elles. Ses dents noircies et ses vêtements troués donnent la frousse à Rose et Sarah. Et il a apporté une scie tachée de rouge. Est-ce de la rouille, du sang d'enfant? Il n'en faut pas plus pour qu'elles s'inventent toutes sortes d'histoires d'horreur à propos de l'homme. Par exemple, qu'il découpe des gamins en morceaux pour s'en faire de petites bûches.
Rêver de l'ailleurs
Rose et Sarah rêvent d'un ailleurs où tout serait possible. Là où elles pourraient manger des sandwichs quand elles le souhaitent et dormir dans un vrai lit. Le carrousel est leur jouet principal. Il leur permet de s'évader dans leur imaginaire. Petit à petit, à mesure qu'elles laissent tomber leur carapace, elles se rendent compte que Marco et Angelo peuvent devenir leurs amis.
Petites bûches traite d'un sujet original qui confronte les enfants à une autre réalité. L'auteur Jean-Philippe Lehoux a pris une situation, disons-le, un peu invraisemblable, pour parler avec sensibilité de préjugés et d'entraide. Parce que sous leurs habits différents, les quatre personnages partagent des qualités humaines qui les rapprochent peu à peu.
La pièce, mise en scène par Joël Beddows, est l'oeuvre de la compagnie franco-ontarienne Le Théâtre de la Vieille 17, qui a aussi créé Maïta en 2009. Elle s'adresse aux enfants de 9 ans et plus.
Une activité pour la famille sur l'univers de l'auteur précédera la représentation de dimanche à la Maison de la littérature (40, rue Saint-Stanislas) à 13h30.
Vous voulez y aller?
Quoi : Petites bûches
Qui : Théâtre de la Vieille 17
Quand : jeudi et vendredi, 9h30, dimanche, 15h 
Où : Les Gros Becs
Billets : 19,25 $
Tél. : 418 522-7880, poste 1