Perquisition de l'UPAC chez Roche à Québec

L'Unité permanente anticorruption (UPAC) a réalisé une perquisition au siège social de Roche dans le secteur Sainte-Foy, au cours de la journée de mercredi.
<p>La perquisition est menée par le Service des enquêtes sur la corruption, le bras policier de l'UPAC.</p>
Une cinquantaine de policiers ont investi les bureaux de la firme d'ingénierie situés sur l'avenue Wilfrid-Pelletier. Les premiers policiers étaient sur place dès 6h30. Des éléments de preuve ont été saisis et des témoins ont été interrogés, mais aucune arrestation ne devrait être effectuée.
La perquisition a été menée par le Service des enquêtes sur la corruption, le bras policier de l'UPAC. La porte-parole de cette escouade, Anne-Frédérick Laurence, refuse de préciser ce qui se trouve sous la loupe des enquêteurs, afin de ne pas nuire à l'enquête policière.
Un employé de Roche qui n'a pas voulu s'identifier soutient qu'à son arrivée mercredi matin, il a rencontré les policiers de l'UPAC dans l'entrée de l'édifice, qui avaient une liste de noms de personnes avec lesquelles ils voulaient s'entretenir. Comme son nom n'était pas sur la liste, les policiers l'ont empêché d'entrer dans l'édifice. Plusieurs employés de la firme ont dû faire demi-tour à leur arrivée au travail.
L'escouade Marteau avait également perquisitionné au siège social de Roche en avril 2010, alors que ses locaux étaient situés sur le boulevard Quatre-Bourgeois. Les bureaux ont depuis été déménagés dans une bâtisse flambant neuve, à un jet de pierre de leurs anciens locaux.
Cette enquête avait permis le dépôt d'accusations criminelles, en février 2011, contre deux employés de la firme Roche : la vice-présidente Gestion, France Michaud, et un ingénieur, Gaétan Morin. Ils sont accusés d'avoir été impliqués dans un présumé système de collusion à la Ville de Boisbriand, où des élus auraient reçu des faveurs en échange de décisions favorables pour l'octroi de contrats publics.
L'ex-mairesse de Boisbriand Sylvie St-Jean avait aussi été appréhendée par la police, tout comme les dirigeants et les employés des firmes Infrabec, Lino et Giuseppe Zambito, et BPR, Rosaire Fontaine et Claude Brière.
Dans un laconique communiqué de presse, le Groupe Roche a dit qu'il offrait sa pleine et entière collaboration à l'UPAC dans le cadre de l'opération de mercredi, mais qu'il n'émettrait aucun commentaire aux médias. La porte-parole de l'entreprise, Élizabeth Tessier, n'a pas rappelé Le Soleil.
Réaction de Hamad
Le député libéral de Louis-Hébert, Sam Hamad, a paru excédé mercredi matin par les questions des journalistes sur la descente chez Roche. «Ça fait 12 ans que je suis parti», a-t-il déclaré à l'entrée du caucus libéral, qui se déroule à Saint-Félicien.
«Laissez l'UPAC faire sa job. Je n'ai pas de commentaire à faire là-dessus. Arrêtez ça, c'est ridicule!» M. Hamad a quitté le Groupe Roche en 2003, au moment où il s'est lancé en politique. Il a été vice-président principal de la firme d'ingénierie.
Roche pointée à la commission Charbonneau
Le nom de Roche est sorti cet automne à la commission Charbonneau. L'entreprise a été montrée du doigt par un ancien dirigeant d'AECOM-Tecsult à Québec, Patrice Mathieu, comme une des huit firmes de génie-conseil impliquées dans un réseau de collusion à Québec et à Lévis.
La veille de ce témoignage incriminant, Roche a écarté les deux employés pointés comme responsables de ces activités non concurrentielles, soit André Côté, vice-président infrastructures municipales, et Denis St-Cyr, vice-président infrastructures urbaines et employé depuis 25 ans.
Dans la dernière année, Roche a complètement renouvelé son conseil d'administration, maintenant dirigé par Serge Dussault, président de la firme d'évaluation Évimbec et promoteur immobilier sur la Rive-Sud de Québec.
À noter que les mêmes huit firmes d'ingénieurs font l'objet d'une enquête du Bureau canadien de la concurrence.
Avec la collaboration de Jean-Marc Salvet et d'Annie Morin