Critique à l'endroit de Québecor dans le passé, le président du SPQ-Libre, Marc Laviolette, s'est réjoui de l'arrivée de Pierre Karl Péladeau au PQ.

Péladeau: un nouveau venu unanimement applaudi au PQ

L'homme d'affaires était controversé. Le candidat péquiste fait l'unanimité dans le parti dont il intègre les rangs, même chez ceux avec qui il a ferraillé par le passé.
Le Soleil a surpris, ce matin, l'ex-syndicaliste Marc Laviolette en lui apprenant que l'homme d'affaires Pierre Karl Péladeau fait le saut en politique, comme candidat du Parti québécois (PQ).
En 2009, M. Laviolette avait critiqué Québecor, alors dirigé par M. Péladeau, pour l'interminable lock-out au Journal de Montréal. Tout en attaquant de façon plus virulente Paul Desmarais, l'autre grand propriétaire de médias québécois, M. Laviolette avait cosigné une lettre plaidant que «le principal combat pour la liberté de presse passe par la défense des syndicats de la presse contre les barons de cette même presse».
Le président du SPQ-Libre a choisi d'applaudir l'arrivée de la recrue péquiste. «Je suis toujours critique de ses relations de travail, a insisté Marc Laviolette. Mais je ne vois pas sa décision comme négative. On ne négocie pas une convention collective. On veut bâtir un pays!»
Il a martelé que le Parti québécois est une coalition regroupant aussi bien des «syndicalistes, des féministes, des gens d'affaires». La décision de M. Péladeau est «une bonne chose. C'est pas mal mieux que les Desmarais qui tirent les ficelles en coulisses» chez les fédéralistes, a-t-il avancé.
Avant d'être élu dans Borduas, en 2012, Pierre Duchesne, lorsqu'il était président de la Tribune de la presse parlementaire, a affronté Québecor, qui voulait accréditer des journalistes au Parlement pendant le conflit de travail. Sur le réseau Twitter, le ministre Duchesne a été un des premiers à dire «Bravo à Pierre Karl Péladeau qui s'engage courageusement pour la défense de notre nation».
Maltais «très à l'aise»
La ministre du Travail sortante Agnès Maltais se dit «très à l'aise» de siéger un jour avec l'ancien président et chef de la direction de Québecor.
«Je suis très fière d'être aux côtés de M. Péladeau», a souligné hier la candidate dans Taschereau. «Je suis très à l'aise avec lui, vraiment. Véritablement. Je suis très fière de sa candidature.»
Agnès Maltais n'avait rien à redire hier sur la gestion des relations de travail par son nouveau collègue, connu pour ses nombreux conflits avec les travailleurs. «Il y a un Code du travail au Québec, qui est assez bien fourni, et qui protège les travailleurs», a répondu la députée sortante. Le Parti québécois avait dans ses cartons ces dernières années une proposition pour moderniser la loi antiscab. Cette idée faisait suite entre autres au recours par Québecor à des briseurs de grève lors de conflits de travail dans la presse écrite.
Payette défend les lock-outs
L'ancienne journaliste et chercheuse en communications de l'Université Laval Dominique Payette soutient elle aussi la candidature de Pierre Karl Péladeau. Elle ne formule pas de reproches à son nouveau collègue, à l'origine du plus long lock-out de l'histoire de la presse écrite au pays.
«Au fond, M. Péladeau, il a pris des décisions d'entrepreneur, d'entreprise, face à une crise économique, qui elle, est réelle», a avancé celle qui se présente pour le Parti québécois dans Charlesbourg. «L'industrie vit une crise très importante en ce moment, en particulier dans la presse écrite», a-t-elle rappelé. «C'est moins les personnes qui causent des problèmes que la situation elle-même qui est problématique.»
Dominique Payette est la fille de Lise Payette, qui a déjà cessé sa collaboration avec un média de Québecor pour dénoncer un lock-out.
Avec Samuel Auger et David Rémillard