Francois Legault

Péladeau sera «déçu» du PQ, dit Legault

Pierre Karl Péladeau sera «déçu» et il «fait une erreur» en joignant les rangs du Parti québécois, selon le chef de la Coalition avenir Québec (CAQ), qui a reconnu avoir lui aussi tenté de recruter l'ancien président et chef de la direction de Québecor.
«Quand j'ai choisi d'aller au Parti québécois, un peu comme lui, je me disais: «On va pouvoir relancer l'économie du Québec, on va pouvoir un petit peu mettre de côté les lobbys des syndicats [...] et moi j'ai été déçu», a laissé tomber François Legault dimanche matin.
«Je me suis rendu compte qu'au Parti québécois, les réformes concernant les finances publiques et l'économie sont toutes prises en otage par un sujet: le référendum», a-t-il ajouté en marge d'une annonce d'une intégrité complètement occultée par l'annonce de l'arrivée de M. Péladeau au sein de l'équipe du Parti québécois (PQ).
Mitraillé de questions au sujet du véritable tsunami médiatique et politique qui vient de s'abattre sur la scène politique québécoise, François Legault a préféré dire qu'il s'agissait d'un «beau spectacle» plutôt que d'un bon coup.
Il a en outre expliqué qu'il avait convoité celui qui occupe actuellement le poste de président du conseil d'administration d'Hydro-Québec, mais en vain: la rencontre qui avait été fixée a été annulée à la dernière minute.
«Peut-être qu'à l'époque il avait déjà un «deal» avec le PQ, mais il a refusé de me rencontrer», a-t-il avancé, précisant que Pierre Karl Péladeau n'avait jamais même voulu lui parler.
Comble de malheur pour la CAQ, Pierre Karl Péladeau se présente sous la bannière péquiste dans la circonscription de Saint-Jérôme, qui était représentée par l'ancien candidat-vedette Jacques Duchesneau.
Visiblement moins dynamique que les jours précédents, François Legault a soutenu que cette nouvelle tuile qui vient de s'abattre sur lui - après le départ inopiné de la députée Hélène Daneault et la suspension des travaux de la Commission Charbonneau, qui auraient pu lui fournir des munitions - ne signifiait pas que l'issue de la campagne était scellée.
«Pas du tout, à moins que le PQ change son budget, que le PQ change son programme», a-t-il affirmé avant de réitérer que le nouveau candidat péquiste avait choisi le «mauvais véhicule» pour faire avancer ses idées, notamment en matière d'économie.
François Legault a maintes fois fait référence à son expérience pour faire valoir que Pierre Karl Péladeau ressortirait échaudé de son passage en politique chez les péquistes.
Il a exposé que leurs parcours étaient similaires, à l'exception que lui, «(s)on père n'était pas riche».
Les affaires de PKP
Le chef caquiste s'est par ailleurs interrogé à voix haute sur la façon dont «PKP» devrait procéder avec les actions qu'il détient toujours chez Québecor.
«Je pense qu'il y a une question qui se pose aussi concernant les actions de Québecor de Pierre Karl Péladeau. On sait tous, évidemment, Québecor, en information, c'est très important au Québec», a-t-il fait valoir.
Les placer en fiducie avec droit de regard lui semble insuffisant en raison de l'importance de l'empire médiatique et du montant d'argent en jeu.
En point de presse, M. Péladeau a indiqué que c'était là ce qu'il avait l'intention de faire, après avoir mentionné qu'il avait démissionné de tous ses postes électifs chez Hydro-Québec, TVA et Québecor Média.
Le repêchage du magnat de la presse a fait grand bruit sur les réseaux sociaux, notamment sur Twitter. Le principal architecte du cadre budgétaire de la CAQ, Christian Dubé, s'est montré particulièrement amer.
«La manipulation de l'opinion publique est devenue plus évidente ce matin. J'ai confiance que la majorité de [Québécois] y verra clair», a-t-il entre autres écrit dimanche.
Même malaise du côté de la candidate caquiste de la circonscription d'Iberville, Claire Samson, qui fait partie des candidats de la Montérégie ayant été présentés dimanche par François Legault à Saint-Jean-sur-Richelieu.
Mme Samson, qui a oeuvré dans le secteur des communications et de la culture pendant une quarantaine d'années, a côtoyé le prolifique homme d'affaires dans le cadre de certaines négociations.
Croit-elle que Pierre Karl Péladeau ferait un bon ministre - personne ne le voit évidemment occuper un siège dans un obscur recoin du Salon bleu - si le gouvernement Marois est reporté au pouvoir?
«J'ai pas d'opinion là-dessus, a-t-elle répondu. Moi, je poserais une question: «Est-ce que M. Péladeau est le genre d'homme à partager le pouvoir?» Ma réponse à ça, ce serait plutôt non que oui.»
Pierre Karl Péladeau aspire-t-il à devenir calife à la place du calife? François Legault a préféré ne pas supputer sur les intentions du nouveau candidat péquiste.
Il a plutôt laissé entendre que ce dernier pourrait être en désaccord avec le budget déposé le 20 février par le ministre François Marceau.
M. Legault avait convoqué les représentants des médias pour parler de son propre cadre budgétaire et expliquer comment son parti allait s'y prendre pour récupérer les 300 millions $ dans les proches des entreprises trouvées coupables de corruption.
Le chef caquiste préconise, pour ce faire, la tenue de négociations avec les entreprises fautives afin que celles-ci «procèdent à un remboursement maximum». Elles obtiendraient en échange le droit de soumissionner de nouveau sur des contrats publics.