Gérard Deltell (photo) dénonce la «politicaillerie à bas étage» que représente la candidature de Pierre-Karl Péladeau, qu'il compare à celle de Gaétan Barette pour le PLQ alors qu'il était leur ennemi juré il y a à peine un an.

Péladeau n'influencera pas le vote à Québec, dit Deltell

La région de Québec n'est pas souverainiste et ce n'est pas la candidature de Pierre Karl Péladeau au Parti québécois (PQ) qui changera la donne, même s'il est associé au retour d'une équipe de la Ligue nationale de hockey (LNH), soutiennent en choeur les partis de l'opposition.
«Les gens de Québec peuvent apprécier une personnalité, mais ça ne veut pas nécessairement dire qu'ils vont adhérer à ses idées. Et à Québec, on le sait, l'indépendance, ce n'est pas le pain et le beurre, on n'est pas là pour ça, on est davantage préoccupés par l'état des finances publiques que la question de l'indépendance», fait valoir M. Deltell.
Dans les 11 circonscriptions de la Capitale-Nationale, seules Agnès Maltais dans Taschereau et Pauline Marois dans Charlevoix-Côte-de-Beaupré représentaient le PQ à l'Assemblée nationale, tandis que le Parti libéral du Québec (PLQ) et la Coalition avenir Québec (CAQ) se partageaient les autres sièges.
«Et M. Péladeau est entré en politique pour la question de l'indépendance, ce n'est pas ça qui va attirer les gens de Québec au PQ, bien au contraire. Moi, je me fais dire depuis un an et demi qu'il faut mettre dehors Mme Marois», poursuit le député sortant de la CAQ, qui répète que le saut de l'homme d'affaires dans l'arène politique est un bien mauvais signal pour la venue d'une équipe de la LNH.
Pas un pays, mais une équipe de hockey
«Les gens de Québec ne veulent pas un pays, ils veulent une équipe de hockey», affirme quant à lui le député libéral sortant et ex-ministre responsable de la Capitale-Nationale, Sam Hamad. Sur toutes les tribunes lundi, ce dernier a répété que la candidature de M. Péladeau était «une mauvaise nouvelle pour la région». Selon lui, l'homme d'affaires a déçu les milliers de personnes qui ont pris part aux diverses manifestations pour le retour d'une équipe professionnelle à Québec, comme lors de la Marche bleue en 2010 et l'événement des pelles qui inaugurait le début du chantier de l'amphithéâtre à la veille du dernier scrutin.
M. Hamad croit par ailleurs que les propriétaires et les dirigeants de la LNH, comme le commissaire Gary Bettman, n'ont pas apprécié les manchettes des quotidiens anglophones lundi matin. «On entendait déjà que M. Bettman et ses collègues n'avaient pas beaucoup confiance en M. Péladeau et je pense qu'aujourd'hui leurs craintes viennent d'être confirmées.»
M. Deltell aimerait de son côté que l'ancien premier ministre du Canada Brian Mulroney, qui fait partie du conseil d'administration de Québecor, clarifie son rôle dans les négociations. M. Deltell se doute que l'ex-politicien ne doit pas se réjouir de voir Pierre Karl Péladeau quitter le navire pour celui de la «campagne référendaire» du PQ. «Est-ce que M. Mulroney est à l'aise de voir que celui qui va tenir la concession de la LNH est un souverainiste qui s'affiche clairement et qui veut se faire élire sous cette bannière-là?» questionne-t-il.
Les candidats locaux du Parti québécois n'ont pas souhaité commenter l'éventuel impact qu'aurait leur candidat-vedette dans la région.