Interrogé sur la difficulté de son parti à recruter des candidates, M. Legault a reconnu que cela «restait un défi».

Péladeau au PQ: l'indépendance de l'information en péril, selon Legault

Le saut en politique de Pierre Karl Péladeau le plonge dans un conflit d'intérêts qui menace l'indépendance même de l'information au Québec, dénonce le chef caquiste, François Legault.
Le refus du géant médiatique de vendre ses actions de Québecor pose «un réel problème d'indépendance», a dénoncé le leader de la Coalition avenir Québec (CAQ), qui a lui-même cherché à recruter l'homme d'affaires dans ses rangs. Il ne suffit pas à M. Péladeau de placer ses parts dans une fiducie sans droit de regard pour convaincre de l'autonomie des salles de nouvelles de l'entreprise, selon lui. Une «fausse solution», affirme-t-il. «Si Pierre Karl Péladeau veut faire de la politique, il ne peut pas avoir un contrôle sur les médias, sur des journaux et une télévision qui contrôlent une bonne partie de l'information au Québec, dénonce François Legault. Il y a un problème d'indépendance et un conflit d'intérêts apparent.»
«Une question de gros bon sens»
Le magnat de la presse est «très proche» et «paie» certaines personnes qui ont beaucoup de pouvoir au sein de Québecor, note le leader caquiste. Au point où il s'inquiète de la diffusion de ses propres idées dans les médias de M. Péladeau pendant la campagne. «J'ai une inquiétude à savoir si mes idées, via TVA et le Journal de Montréal ou le Journal de Québec, ça va se rendre, a affirmé le chef caquiste. Est-ce qu'il y en a qui vont recevoir des appels? M. Péladeau est très proche de certains dirigeants qui ont beaucoup de contrôle sur l'information au Québec.»
Le leader de la CAQ voit mal comment le commissaire à l'éthique, Jacques Saint-Laurent, pourrait ne pas voir le problème que posent les propriétés médiatiques du candidat péquiste de Saint-Jérôme. Une «question de gros bon sens», selon M. Legault.
En journée, le député caquiste de Lévis, Christian Dubé, a affirmé sur les réseaux sociaux que «la manipulation de l'opinion publique est devenue plus évidente». Un point de vue que son chef ne désavoue pas. «On ne sait pas quand M. Péladeau a pris sa décision, a remarqué M. Legault. Il y avait des rumeurs depuis un bon bout de temps sur sa venue en politique. On peut se poser des questions sur l'indépendance de l'information.»
Le chef caquiste croit que M. Péladeau risque d'être déçu s'il croit que le Parti québécois (PQ) est le meilleur véhicule pour améliorer la gestion du Québec. Malgré le bon coup du PQ «pour le spectacle», M. Legault a souligné une «petite différence» qui le sépare de l'homme d'affaires : «Moi, mon père n'était pas riche.»