Sun Media, filiale de Quebecor Media, a annoncé la suppression de 360 postes, la fermeture de huit publications et de trois journaux urbains gratuits.

Péladeau au PQ: Couillard craint pour l'indépendance de l'information

Les chefs de l'opposition mettent de la pression sur Pierre Karl Péladeau. Après François Legault dimanche, Philippe Couillard exige à son tour que la recrue-vedette du Parti québécois vende ses parts de Québecor. Le chef libéral craint pour l'indépendance de l'information dans les médias de ce géant des communications.
«Mme Marois doit exiger de son candidat un choix clair. Il veut faire de la politique ou des affaires? Si c'est la politique, à cause de la nature de la business, qui est l'information libre et indépendante, M. Péladeau doit se départir de ses actions», a tranché Philippe Couillard lundi soir devant des militants du Parti libéral (PLQ) de Trois-Rivières.
Des propos beaucoup plus affirmés qu'en matinée. De passage à Québec, M. Couillard avait alors dit que le fait que les actions de PKP soient placées dans une fiducie sans droit de regard «ne suffit pas», mais sans demander explicitement que l'homme d'affaires vende ses parts dans Québecor.
Or, les différents commentaires émis au fil de la journée ont visiblement convaincu M. Couillard de franchir ce pas en début de soirée. «Le commissaire à l'éthique s'est exprimé. Chantal Hébert, une éditorialiste bien connue, a dit qu'il y avait non seulement apparence, mais un réel problème de conflit. La Fédération professionnelle des journalistes a également exprimé une grande inquiétude», a énuméré le chef libéral, qui craint pour le traitement de l'information.
«Il faut demander quelle est l'influence de M. Péladeau dans la ligne éditoriale, dans la première page, dans le traitement de l'information», a-t-il dit.
M. Couillard n'a toutefois pas donné d'exemple de ce qui pourrait à ses yeux être ou avoir été des exemples d'information biaisée dans les médias de Québecor, qui compte notamment Le Journal de QuébecLe Journal de Montréal et TVA.
«Je ne mets aucunement en doute le professionnalisme et la compétence des personnes qui font partie de ces médias», a-t-il dit, prudent et se disant conscient que juger le travail de la presse est «risqué» pour un politicien. «Mais je veux juste qu'on indique comment on fait en sorte que le président de ce réseau n'a pas ou n'aura plus d'influence sur ce qu'on met en première page.»
Philippe Couillard a qualifié la chef péquiste, Pauline Marois, d'«irresponsable» pour, estime-t-il, «n'avoir pas pris davantage de précautions avant d'ajouter à son équipe une personne qui, quelles que soient ses qualités personnelles, contrôle une grande partie des médias».
Legault en remet, Marois défend PKP
Le chef caquiste, François Legault, qui avait déjà demandé dimanche que PKP vende ses actions de Québecor, a réitéré sa position lundi. «Il y a des inquiétudes sérieuses sur l'indépendance des journalistes du groupe Québecor, et M. Péladeau doit agir en conséquence.»
La chef péquiste, Pauline Marois, elle, a laissé entendre qu'aucun problème d'éthique ne confronte sa recrue-vedette. Elle a présenté comme une pure invention la possibilité que M. Péladeau influence les médias de Québecor en faveur du Parti québécois (PQ). Celui-ci a affirmé qu'il n'intervient pas dans les salles de rédaction, a soutenu la leader du PQ.
Tous les membres d'un cabinet qu'elle formerait suivront à la lettre les règles sur l'éthique, a-t-elle mentionné. Advenant le cas où M. Péladeau soit élu député et nommé ministre, ce dernier se retirera des discussions pour certains sujets, a-t-elle poursuivi. Une pratique usuelle, selon elle. Mais, a-t-elle glissé, d'abord, elle doit se faire élire, avec son équipe, de façon majoritaire.  
Plainte au DGE contre Illico
La Coalition avenir Québec (CAQ) a déposé lundi une plainte au Directeur général des élections (DGE) contre la diffusion gratuite du documentaire La Première sur Illico, une plateforme de Vidéotron.
François Legault s'insurge que ce «publireportage sur Pauline Marois» réalisé par le metteur en scène Yves Desgagnés, consultant auprès de la chef péquiste, soit offert sans frais à un moment où la publicité électorale n'est pas encore autorisée.
«On est en période de black out», remarque le chef caquiste. «Notre publicité est prête, mais on n'a pas le droit de la diffuser. Pourquoi le PQ peut diffuser cette propagande et, en plus, gratuitement?»
La CAQ estime que des frais devraient être inscrits aux dépenses électorales en raison de La Première. La présentation du documentaire avait créé une controverse lors de sa présentation à une heure de grande écoute sur le réseau TVA, qui appartient, comme Vidéotron, au candidat du Parti québécois dans Saint-Jérôme. 
Avec Simon Boivin et Michel Corbeil