«Les fans de country sont des inconditionnels. Ils sont fidèles et ce ne sont pas des copieurs de musique ni des acheteurs sur Internet. Ils veulent avoir l'album dans leurs mains. Dans les festivals, on peut vendre 100 ou 125 copies pendant l'entracte. C'est vraiment un monde à part.» - Paul Daraîche

Paul Daraîche: «on les a eus à l'usure!»

Depuis la parution de l'album à succèsMes amours, mes amis, difficile de parler de Paul Daraîche sans citer des chiffres : plus de 130000 exemplaires vendus dans la province, près de 50 ans de carrière... Et le cap des 100 disques portant le nom de Daraîche bientôt franchi, se réjouit le patriarche du clan et pilier de la scène country, qui jouit d'un succès populaire inespéré depuis deux ans.
En entrevue, Paul Daraîche avance que son album de duos a trôné pendant neuf semaines au sommet des ventes francophones au Canada. À l'heure de la «crise du disque», son succès est phénoménal et il le sait. «Je ne le crois pas moi-même! lance-t-il. Aujourd'hui, il y a de moins en moins de disques qui se vendent. Ce médium-là est en train de disparaître. On va encore faire des enregistrements, mais on va les mettre sur iTunes. Ça coûte très cher de faire un disque et ça se vend de moins en moins... C'est un phénomène, ce qui se passe avec moi. De voir des ventes comme ça, on n'en revient pas personne.»
Le musicien estime à 25 000ou 30 000 le nombre de fans qui suivent fidèlement la famille Daraîche chez le disquaire et en spectacle. «Les fans de country sont des inconditionnels. Ils sont fidèles et ce ne sont pas des copieurs de musique ni des acheteurs sur Internet. Ils veulent avoir l'album dans leurs mains. Dans les festivals, on peut vendre 100 ou 125 copies pendant l'entracte. C'est vraiment un monde à part.»
C'est donc dire que ses duos avec les Daniel Lavoie, Lynda Lemay, Maxime Landry, Richard Desjardins, Dick Rivers et cie lui ont acquis quelque 100 000 nouvelles paires d'oreilles au Québec. «J'ai fait 75 salles que je ne faisais pas avant. Beaucoup de gens me disent qu'ils viennent de me découvrir», ajoute l'auteur-compositeur, qui jette un regard un peu amusé sur cette percée dans l'univers pop. «On les a eus à l'usure!» rigole-t-il.
De quoi donner envie au chanteur - et à son producteur Mario Pelchat - de renouveler l'expérience. C'est ce qu'ils feront sous peu avec l'enregistrement d'un volume 2 de Mes amours, mes amis. Paul Daraîche indique que Ginette Reno a déjà répondu présente. «Il y a une toune que j'ai écrite pour elle il y a 45 ans et qui ne s'était jamais rendue à elle», note celui qui cite aussi Dany Bédar et Steve Veilleux parmi les collaborateurs potentiels. «Il y aura peut-être une toune avec Johnny Hallyday, renchérit-il. Et j'aimerais ça chanter avec Cabrel et avec Dubois. J'ai toutes les chansons qu'il faut!»
Paul Daraîche mijote une tournée intime pour l'automne et fera voyager en décembre les airs des Fêtes qu'il a gravés sur son album Ces Noëls d'autrefois. D'ici là, il viendra dimanche soir clore le Festival d'été sur la scène du parc de la Francophonie. Mario Pelchat, Cindy Daniel, Laurence Jalbert et Maxime Landry, qui ont tous partagé le micro avec lui en studio, sont attendus sur scène pour offrir une célébration du répertoire country. «C'est nos racines, ça va toujours être là, affirme M. Daraîche. Les chanteurs pop qui m'accompagnent, ils adorent ça toucher au country. Malgré les modes qui passent, le country est toujours là.»