Paul Daraîche dimanche le 13 juillet au Festival d'été

Paul Daraîche: cruel manque de festivaliers

Comment un artiste qui a vendu plus de 140 000 exemplaires de son album - un phénomène par les temps qui courent - peut-il accueillir la foule la plus décevante du Festival d'été (FEQ)? La question s'est imposée dimanche soir pendant que Paul Daraîche livrait au Pigeonnier un spectacle truffé d'invités (et pas des moindres)... Mais entendu seulement par une petite poignée de festivaliers.
Pour une deuxième année consécutive, la tête d'affiche francophone présentée au parc de la Francophonie en clôture du FEQ a littéralement été dévorée par la vedette des Plaines. L'an dernier, Robert Charlebois, qui se mesurait à Stevie Wonder, avait eu droit à un site clairsemé, mais quand même plus rempli que pour Paul Daraîche et ses invités. Pendant qu'on entendait la foule des Plaines hurler pour Bryan Adams, le parc de la Francophonie ne devait pas accueillir beaucoup plus de 200 festivaliers quand il est entré en scène...
S'il a été déçu, M. Daraîche ne l'a pas laissé paraître. Le vieux routier, qui a plus de 40 ans de carrière au compteur, a fait montre d'une grande classe, remerciant les courageux venus l'écouter. Il avait un spectacle bien senti à livrer... Et il n'arrivait pas seul : Isabelle Boulay, Daniel Lavoie, Mario Pelchat, Maxime Landry, Cindy Daniel, Édith Butler et Laurence Jalbert ont tour à tour partagé le micro avec le pilier du country québécois. Le coeur y était, l'émotion aussi... Ne manquait que le public, enthousiaste tout près de la scène, mais trop peu fourni pour l'ampleur du spectacle. Tout ce beau monde méritait mieux.
Doit-on blâmer la météo? La fatigue qui vient avec la fin du festival? Le fait que les chaises n'étaient pas permises sur le site pour accommoder les festivaliers plus âgés? Quoi qu'il en soit, un facteur a fait cruellement défaut dimanche dans l'équation festivalière.
Les chercheurs d'or
Juste avant, Les chercheurs d'or sont entrés en scène devant un parterre toujours très clairsemé et sous un ciel qui se faisait menaçant. Le quintette a fait du millage ces dernières années (en Europe, notamment) avec sa country folk bourrée de personnalité et portée par le timbre racé d'Isabeau Valois. Et ça paraît : ils ont livré une prestation souriante et bien rodée, d'une indéniable efficacité. Dommage pour la petite foule, parce que la sympathique formation de Québec était bien équipée pour faire swinguer les festivaliers à quelques heures de la ligne d'arrivée. Et c'est ce qu'elle a fait d'ailleurs. Les spectateurs n'étaient pas très nombreux, mais ils ont apprécié le spectacle. Avec raison. Plus tôt, André Lavergne et Éric Dion, qui forment le duo Dans l'shed, ont eu la tâche ingrate de lancer cette soirée country devant une foule minimaliste. Musiciens aguerris, les Gaspésiens ont offert une chouette performance dans une veine folk plutôt colorée. On ne pourra pas les blâmer pour le manque d'ambiance. Dès le départ, le public n'était pas au rendez-vous.