Love Songs for Robots de Patrick Watson

Patrick Watson: aventure feutrée et linéaire ***

Depuis ses débuts, Patrick Watson a été en ascension constante, peaufinant son art d'un album à l'autre, jusqu'à l'immense Adventures in Your Own Backyard (2012).
Comment donner suite à pareil enregistrement? En se renouvelant ou en continuant dans la même voie? Le Montréalais semble avoir eu du mal à trancher. D'une part, il y a quelques changements notables au plan sonore, dus au départ du fidèle guitariste Simon Angell, remplacé par Joe Grass, ainsi qu'à la présence de François Lafontaine (Karkwa) aux claviers, mais de l'autre, Watson continue de privilégier des aventures aériennes, où sa voix de fausset est parfois si haute qu'il n'en reste qu'un filet. Si l'album démarre de manière prometteuse avec la pièce-titre, Good Morning Mr. Wolf ou Hearts et ses harmonies vocales réussies (un des aspects intéressants de l'album, d'ailleurs), par la suite on s'enlise peu à peu dans des titres de facture sonore, orchestrale ou structurelle similaires, où la retenue frôle l'excès et où l'on cherche la puissance mélodique à laquelle Watson nous a habitués. Le mixage, qui manque sérieusement de relief, n'aide en rien. Love Songs for Robots est un album feutré, assez linéaire, qui compte assurément de bons passages, mais qui souffre au jeu des comparaisons avec ses prédécesseurs.