Patrick Roy et Joe Sakic: les contraires s'attirent

Patrick Roy et Joe Sakic ont écrit plusieurs belles pages de l'histoire de l'Avalanche du Colorado. Tout le monde sait ce qu'ils pouvaient faire sur une patinoire. Le premier vient au neuvième rang chez les compteurs de tous les temps de la Ligue nationale avec 1641 points, dont 625 buts. Le second appartient déjà à l'histoire comme l'un des plus grands gardiens de but.
De la patinoire au deuxième étage ou derrière le banc, il n'y a qu'un pas. Les deux l'ont franchi : Sakic dans le rôle de vice-président en charge du hockey et Roy comme entraîneur investi en plus d'un pouvoir décisionnel dans le va-et-vient des joueurs.
Les deux sont entrés en fonction le printemps dernier. À peine installé dans son bureau, Sakic communiquait avec Roy pour l'inviter à se joindre à lui dans la relance de l'Avalanche. Les résultats n'ont pas tardé à se faire sentir autant sur la patinoire que dans les autres domaines. Ils sont sur la bonne voie pour redonner ses lettres de noblesse à une équipe qui avait disputé 487 matchs consécutifs à guichets fermés, de 1996 à 2005.
L'Avalanche a démarré sur les chapeaux de roues, cette saison, en remportant 12 de ses 13 premiers matchs. Les sceptiques parlaient alors d'un feu de paille. Les autres préféraient attendre avant de se prononcer. Plus les semaines passent, plus les représentants du Colorado confondent les incrédules.
L'équipe de Sakic et Roy occupe la troisième position de la puissante division Centrale dominée par les Blackhawks de Chicago et les Blues de St. Louis. Elle se retrouve au cinquième rang de l'association de l'Ouest. Au classement général de la Ligue nationale, elle se maintient en sixième position. Que de chemin parcouru pour une équipe qui n'a pas participé aux séries éliminatoires depuis le printemps 2010.
Électrochoc dès le départ
Selon les habitués de la cuisine de l'Avalanche, cette équipe a retrouvé son souffle dès l'entrée en scène de Sakic et de Roy. La sélection de Nathan MacKinnon à l'encan amateur a été un coup de maître. Roy a vite affiché ses couleurs en l'assurant de son poste avant même la tenue du camp d'entraînement. La prolongation du contrat de Matt Duchene s'avère également une décision judicieuse.
L'Avalanche a subi un véritable électrochoc dès le premier match de la saison régulière contre les Ducks d'Anaheim. Roy a alors menacé son homologue Bruce Boudreau en tentant d'abattre la baie vitrée entre les bancs des deux équipes. Corey Perry, l'un des leaders des Ducks, avait passé la soirée à invectiver les joueurs de l'Avalanche.
Un moment important dans la saison de la troupe du Colorado. Ce qui a fait dire à Matt Duchene qu'il allait avoir du plaisir à jouer au hockey, cette saison. Le message ne pouvait être plus clair. Fini le temps des moqueries et des insultes envers les porte-couleurs de l'Avalanche!
Quelques semaines plus tard, Roy n'a pas hésité à adresser quelques reproches aux entraîneurs plus expérimentés comme Ken Hitchcock, des Blues de St. Louis.
Roy et Sakic n'ont pas transformé l'équipe de fond en comble. Ils ont changé la culture et donné une ligne directrice aux joueurs. L'équipe possède de bons éléments en attaque avec les Duchene, MacKinnon, Gabriel Landeskog, Paul Stastny, Ryan O'Reilly et Pierre-Alexandre Parenteau. Méconnue, la défensive surprend. Semyon Varlamov profite de la présence de l'instructeur des gardiens de but François Allaire.
L'Avalanche gagne envers et contre tous. Bien difficile de trouver deux personnalités plus différentes que le duo à la tête de l'équipe. Effacé, discret, Sakic voit à son affaire sans bousculer qui que ce soit. Plus frondeur, plus provocateur, Roy ne lésine pas sur les moyens pour garder les siens alertes. Il a récemment passé un méchant savon au vétéran gardien de but Jean-Sébastien Giguère.
Le mélange de ces deux personnalités a redonné vie à une formation jadis citée en exemple. Les contraires s'attirent et peuvent parfois accomplir de grandes choses.