Patrick Roy et Jacques Villeneuve ont marqué chacun à leur façon le sport canadien, mais les exploits des deux ont résonné bien au-delà des frontières du pays.

Patrick Roy au Panthéon des sports: la passion de gagner

Le hasard fait parfois bien les choses. Pour son intronisation au Panthéon des sports canadiens, Patrick Roy était de retour dans la ville où tout a commencé pour lui.
«Le fait que ça se déroule ici, à Calgary, donne une signification particulière à cette cérémonie», disait l'ancien gardien de but en traçant le lien entre sa nomination et sa conquête de la Coupe Stanley de 1986 contre les Flames.
Roy faisait partie d'un imposant contingent de sportifs canadiens à faire leur entrée au Panthéon, mercredi. À la table d'honneur, on retrouvait Jacques Villeneuve, Chantal Petitclerc, Jean-Luc Brassard, Clara Hughes, Kyle Shewfelt, Roger Jackson et Bob Ackles.
«Je ne parviens pas à y croire, je suis assis entre Patrick Roy et Jacques Villeneuve», disait Shewfelt, médaillé d'or olympique en gymnastique. Sa réaction a fait sourire le célèbre numéro 33 et le pilote automobile. Si certains ont fait plus d'argent que d'autres, ils étaient réunis par la même passion, la même quête d'excellence.
«J'écoutais le discours de Jean-Luc [Brassard] et j'ai noté qu'il était animé par le même désir de vaincre que moi et c'est la même chose pour tous les athlètes, nous avons tous une passion commune. Avant les honneurs, tout ce qui nous intéressait, c'était de gagner», confiait Roy dans le lobby de l'hôtel où se tenait la réception.
Depuis qu'il a mis fin à sa carrière, Roy ne cesse de recevoir des honneurs. Et depuis quelques heures, il fait partie des 514 personnalités - à ce jour - ayant marqué l'histoire du sport au pays.
«Je ne suis pas mal à l'aise de recevoir ces honneurs, ça me rend fier. Mais je suis tellement absorbé par ce que je fais [avec les Remparts] que j'en viens à oublier ce que j'ai fait. Je m'en voudrais de prendre cela avec un grain de sel. Quand les gens prennent le temps de penser à toi, c'est important de leur faire sentir que c'est apprécié. Il faut se souvenir d'où l'on vient et de garder les deux pieds sur terre», expliquait celui qui dit se sentir un peu jeune pour passer à l'histoire.
La pause de deux jours qu'il s'accordait - il a quand même pris le temps de téléphoner à son adjoint à sa descente d'avion - lui permettait de revoir le film de sa carrière et d'identifier certaines personnes ayant joué un rôle important.
«Il y a beaucoup de monde, à commencer par mes parents. Ma carrière aurait pu s'arrêter lorsque j'avais été retranché du midget AAA au midget CC, mais ils étaient là pour m'appuyer. Jacques Naud [entraîneur des gardiens dans le midget AAA] m'a aussi aidé, sauf que ma rencontre avec François Allaire à Sherbrooke a été déterminante.»
Besoin d'un matelas...
Quelques mois plus tôt, l'entraîneur adjoint du Canadien André Boudrias lui avait donné une cassette de Pelle Lindberg, le regretté gardien des Flyers. «Tiens, on veut que tu gardes les buts comme lui», lui avait-il dit. Or, il n'en était pas question.
«Quand je suis arrivé, je me tirais partout. Jacques Lemaire voulait savoir si j'avais besoin d'un matelas et d'une taie d'oreiller. Avec François, on a perfectionné le style papillon. De dire qu'on l'a inventé et laissé en héritage, je trouve cela un peu large», dira avec humilité celui qui n'aurait surtout pas voulu que la présence d'un joueur de hockey porte ombrage aux autres athlètes. Mercredi, ils étaient tous sous les réflecteurs !