L'artiste français lance que son nouveau spectacle est comme une grande fête : «On a des écrans, des danseurs, du hip-hop, du rock, de la pop. Il y a de grandes chansons où tout le monde participe.»

Patrick Bruel: confiant... et content!

Au bout du fil, Patrick Bruel interroge son interlocutrice : «Vous allez venir au concert? C'est la première fois?» Devant une réponse doublement affirmative, il enchaîne : «Vous allez voir, ça surprend. Dès la première chanson, on a l'impression qu'on est déjà au rappel!» Confiant, le monsieur? Surtout content d'être là, précise le chanteur, acteur, rappeur (à ses heures!) et joueur de poker, qui transporte son nouveau spectacle au Colisée vendredi. Fraîchement arrivé de notre côté de l'Atlantique, Patrick Bruel a répondu aux questions du Soleil, mardi.
> Q Votre dernier concert à Québec était plus acoustique. Cette fois, vous débarquez avec l'attirail d'une plus grosse tournée...
> R On fait de grosses salles, on a de grosses ambiances partout où on passe. On espère que le Québec ne fera pas exception à la règle, mais pour l'instant, c'est bien parti pour nous. C'est un spectacle qui va bien dans un grand lieu. On a des écrans, des danseurs, du hip-hop, du rock, de la pop. Il y a de grandes chansons où tout le monde participe. C'est une grande fête. Mais je crois que le plus gros des décibels, c'est le public qui les offre. On n'arrive pas à passer par-dessus, ils sont plus forts que nous!
> Q Votre concert mise-t-il sur la nostalgie?
> R Pas trop. Il y a de la nostalgie, il y a de l'énergie. On passe par plusieurs phases. Il y a un côté très rock, très positif, très sautillant. Et il y a un côté très émouvant. Des gens ont les larmes aux yeux pendant certaines chansons. C'est très touchant; tous les soirs, je suis ému aussi. Il y a beaucoup de jeunes aux concerts... Et ils connaissent toutes les anciennes chansons par coeur. C'est quelque chose qui me fascine. Ça m'étonne à tout coup. De voir des filles de 14 ans qui connaissent mes chansons des années 90, c'est extraordinaire.
> Q Prévoyez-vous des réactions différentes chez votre public québécois?
> R Ce qui m'avait le plus frappé au Québec la première fois que j'y ai chanté, c'est que les gens applaudissent au milieu des chansons. Ça, je ne l'avais jamais vu ailleurs... Et je ne l'ai jamais vu ailleurs par la suite! Quand un moment les touche ou les émeut, les gens applaudissent. Au début, je me disais qu'ils avaient envie que ça finisse. Eh non! C'est parce que ça leur plaisait! Au Québec, c'est comme partout, mais avec un petit plus...
> Q Vous avez évoqué votre intérêt pour le hip-hop. Qu'est-ce qui vous a poussé à l'exprimer davantage sur votre dernier album et dans cette tournée?
>R J'ai choisi le hip-hop pour traiter d'un sujet social important qui est le harcèlement sur Internet. Je trouvais que la boucle était bonne, qu'elle avait un côté très urbain. Du coup, j'ai invité le rappeur La Fouine à collaborer avec moi pour la chanson Maux d'enfants. Quand il vient la faire avec moi sur scène, c'est super. Mais quand il ne vient pas, je la fais seul et j'ai beaucoup de plaisir. Comme il y a des danseurs, je me mets à danser un peu avec eux. J'ai toujours écouté beaucoup de hip-hop. Moi, je ne suis pas dépaysé, mais c'est vrai que ça peut surprendre les gens. Ça permet de faire un grand voyage dans le spectacle. On passe de la pop à la valse, d'Alfred de Musset à du hip-hop, de Chopin à du hard rock... Et il y a de la grande chanson française plus traditionnelle. C'est un voyage et finalement, il y a une forme de cohérence. Et les gens nous suivent avec bonheur.
> Q Cet intérêt pour le rap est bien enraciné chez vous, n'est-ce pas?
> R Quand j'avais 20 ans, j'ai produit le premier rap français. J'habitais New York et j'en écoutais beaucoup. Quand on est rentré en France avec mes copains, on a pris la chanson de Gérard Presgurvic Chacun fait c'qui lui plaît et on en a fait un rap pour le groupe Chagrin d'amour. La chanson a été un énorme succès en France dans les années 80.
> Q Vous venez de terminer le tournage d'un film avec Sophie Marceau. Pouvez-vous nous en dire plus sur ce film?
> R Ce sont deux sex-addicts qui se rencontrent. Il y en a un qui est en désintox et qui fait tous les efforts possibles pour résister aux assauts de cette fille qui est très libre, très libérée, très sympa. Elle est vraiment splendide... Ça va sortir l'an prochain alors pour l'instant, on reste un peu évasif sur le film. Si on en parle trop tôt, quand le film arrive, on ne sait plus quoi dire!
> Q Nous connaissons votre passion pour le poker. Jouez-vous toujours?
> R Ça fait deux ans que je n'ai pas fait de grande compétition. Je faisais mon album, puis ma tournée, les films, le théâtre... Là, je me suis réservé quelques plages à partir du mois de janvier pour faire des tournois internationaux pour essayer de retrouver le chemin de Las Vegas au mois de juin. Je vais essayer de refaire un championnat du monde. Ça m'amuse! Comme j'ai gagné le championnat l'année où la France a gagné la coupe du monde de foot, j'espère que l'équipe va se qualifier pour le Brésil!
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Vous voulez y aller?
Qui : Patrick Bruel
Quand : vendredi à 20h
Où : Colisée
Billets : de 78,50 $ à 98,50 $
Tél. : 418 643-8131