Le nouvel album de Patrice Michaud se matérialise dans des pièces souvent plus rythmées, plus lumineuses et dans des touches rock bien assumées.

Patrice Michaud: couches, biberons et rock'n'roll!

Chanteur conteur (ou est-ce le contraire?), Patrice Michaud affirme n'être pas trop fort sur l'autofiction. Sur son nouvel album, Le feu de chaque jour, en magasin aujourd'hui, il s'offre une exception, résumant tout un pan de sa vie entre «deux lignes rouges», celles apparues sur le test de grossesse de sa conjointe. Deuxième disque, deuxième bébé : l'année 2014 commence avec une double naissance pour l'auteur-compositeur-interprète.
«Pendant que j'écrivais cet album-là, mon fils grandissait, il apprenait à marcher, et la bedaine de ma blonde poussait, raconte Patrice Michaud. Ça prenait beaucoup de place dans ma vie, ça modifiait mes réflexes, mes agissements, mes réflexions aussi. Je ne voulais pas que ça teinte tout ce que j'allais faire, parce que ce n'était pas le but. Je me suis dit que si j'écrivais une toune là-dessus, je pourrais m'en libérer.»
Si la vie de Patrice Michaud a changé entre la création du Feu de chaque jour et celle du Triangle des Bermudes, paru en 2011, on peut en dire autant de sa technique d'écriture. Après avoir pris son temps pour graver sur un premier disque des chansons créées au fil de sa vingtaine, le jeune trentenaire s'est imposé un échéancier beaucoup plus serré pour immortaliser le second, qui lui donne deux occasions de partager le micro avec Salomé Leclerc. Il évoque un sentiment d'«urgence», une démarche «plus dynamique», une énergie «juvénile». Le tout se matérialise dans des pièces souvent plus rythmées, plus lumineuses et dans des touches rock bien assumées, accentuées par le guitariste Andre Papanicolaou, qui signe la réalisation de l'album.
«Il y a un changement qui s'est opéré, reconnaît Patrice Michaud. Tout ça, je le trimbalais depuis le début, mais on ne peut pas tout mettre sur un premier disque. C'était une voie que j'allais prendre un jour. Les astres se sont alignés avec Andre Papanicolaou. Je l'ai approché pour ça, d'ailleurs. Je voulais cette touche-là, cette espèce d'aisance dans la pop.»
Thèmes graves
L'auteur-compositeur-interprète n'a jamais eu peur de s'attaquer à des thèmes graves. Ses nouvelles chansons ne font pas exception, mais changent l'angle d'approche. «J'ai voulu traiter des grands sujets qui ont déjà traversé mon premier disque, mais en allumant d'autres caméras, en misant sur différents tons», décrit-il, citant en exemple l'extrait Mécaniques générales - et son vidéo-clip rigolo -, qui évoque l'échec amoureux sur un rythme festif, avec un sourire en coin. On peut ajouter la chanson Le crash du Concorde, sur laquelle Michaud fait ressortir son côté Elvis Presley en chantant une fin du monde rock'n'roll, à mi-chemin entre l'insouciance et le cynisme.
«Ce ne sont pas des zones avec lesquelles j'étais confortable il y a quelque temps, note-t-il. Je voulais me lancer dans cette direction-là. Ce n'est pas un exercice de style, c'est plus viscéral que ça. Mais ça demeurait des territoires moins connus. J'avais envie d'aller au bout de ça... et mon Dieu que ça va être le fun à jouer en show!»
Patrice Michaud a offert quelque 125 représentations de son spectacle Le triangle des Bermudes, pour lequel il a été récompensé d'un Félix. Pas de congé parental en vue pour lui : il reprendra la route sous peu pour une tournée qui l'amènera au Grand Théâtre le 5 avril.
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Vous voulez y aller?
Qui : Patrice Michaud
Quand : 5 avril à 20h
Où : Grand Théâtre
Billets : de 32,50 $ à 34,50 $
Info : 418 643-8131