Les Canadiens Charles Hamelin, Michael Gilday, François Hamelin et Olivier Jean ont pris une pause durant l'entraînement de l'équipe de patinage de vitesse courte piste, mercredi, à Sotchi.

Patinage de vitesse: François Drolet, un spécialiste inspirant

De retour dans le giron de l'équipe canadienne de patinage de vitesse courte piste après une éclipse d'une quinzaine d'années, François Drolet n'est pas que le responsable des lames du groupe, il est aussi l'inspiration de plusieurs athlètes olympiques d'aujourd'hui. Après tout, l'ex-sportif de Québec, a inscrit son nom dans l'histoire de la discipline en 1998.
À Nagano, cette année-là, Drolet avait grimpé sur la plus haute marche du relais masculin en compagnie d'Éric Bédard, Derek Campbell et Marc Gagnon pour donner au pays sa première médaille d'or en courte piste. Depuis, le bébé a eu plusieurs frères et soeurs!
Olivier Jean, l'un des membres de la puissante équipe canadienne présente à Sotchi, reconnaît l'importance de cette victoire. À l'époque, le petit garçon de 14 ans voulait devenir grand, comme ses héros de jeunesse.
«Je me souviens d'être allé à l'aéroport avec mes parents pour accueillir les patineurs de vitesse à leur arrivée de Nagano, j'ai des scrapebooks fabriqués avec ma mère sur des athlètes qui remportaient des médailles. J'ai toujours aimé le style de François [Drolet], il était explosif sur la glace et excentrique à l'extérieur», a souligné l'athlète de 29 ans en marge de la conférence de presse rappelant les objectifs élevés de la délégation, qui vise une récolte de cinq médailles.
Drolet sourit humblement en racontant que Jean était venu le remercier au Manoir de Neuville, l'auberge qu'il a exploitée pendant 14 ans avant de diviser la terre en lots pour la vendre. Quatre ans plus tard, l'ex-athlète olympique est encore au service d'autrui. Au lieu d'administrer son établissement, il veille à ce que les patineurs puissent compter sur les meilleures lames. Et ça tombe bien, parce qu'il s'y connaît en la matière.
«Quand je patinais, j'avais développé un berceau [la courbe en arc sous la lame] pour moi et il a été pas mal utilisé depuis. J'ai déjà dit à Jeff Scholten [entraîneur] que si on m'avait remis 5 $ chaque fois, ça aurait été payant. Il m'avait répondu: "Juste 10 sous et ça l'aurait été tout autant".»
Jean vole la vedette
Depuis 18 mois, Drolet a gagné la confiance de chaque membre de l'équipe, tant du côté féminin que masculin. Il ressent la même pression que ceux-ci. «Je pensais revivre les Jeux sans le stress de performer, mais à force de voyager avec l'équipe, je réalise qu'il est présent quand même», a-t-il dit sur un ton posé.
Devant lui, le grand patineur de Repentigny a volé la vedette sur la tribune de la salle Dostoyesky, malgré la présence à ses côtés de Charles Hamelin, qui dit arriver à Sotchi avec des grandes ambitions. Jean a réussi à «ploguer» son nouveau compte Twitter (@olijeanmtl) et invité les gens à le suivre. Qualifié sur 500 et 1000 m, il trouve son plaisir en enfilant ses patins, bien sûr, mais aussi dans chaque minute de la vie.
«Je ne recherche pas juste les podiums, je suis heureux dans ce que je fais. Tant mieux si je peux servir d'inspiration pour les jeunes et ce n'est pas grave s'ils ne font pas de patin. L'important, c'est d'avoir une passion. Un jeune qui veut devenir artiste peut aussi se donner à 100 %», a ajouté celui qui rêve d'une seconde carrière dans les arts «si ça fonctionne et ça paye...»