Patient ébouillanté dans son bain: un ex-préposé aura finalement un procès

Le procès de Marc Laquerre, ex-préposé aux bénéficiaires accusé de l'homicide involontaire par négligence criminelle de Réjean Simoneau, mort possiblement des suites de brûlures subies lors d'un bain, aura bel et bien lieu après que son avocat eut tenté, en vain, d'arrêter les procédures judiciaires.
Me Vincent Montminy a fait entendre deux requêtes, mercredi, devant le juge Pierre Rousseau de la Cour du Québec dans le but de faire annuler le procès.
Dans un premier temps, il voulait démontrer au magistrat que la Couronne n'avait pas fait le nécessaire pour obtenir l'intégralité du dossier médical de la victime. Une situation qui, selon lui, pouvait empêcher l'accusé d'avoir droit à une défense pleine et entière.
Il a souligné l'absence de certaines notes écrites par des infirmières qui ont soigné M. Simoneau, décédé plus de trois semaines après avoir subi ses brûlures. À cet effet, il a cité le Dr Denis Chabot, médecin-expert, appelé à témoigner lors de l'enquête préliminaire. Lui aussi avait affirmé que le dossier médical était incomplet.
De son côté, la procureure de la Couronne, Sonia Lapointe, a soutenu avoir fait les démarches nécessaires pour avoir un dossier médical «certifié conforme». Elle ajoute que s'il y a des éléments manquants, ça ne peut que nuire au lien de causalité présenté par la poursuite, mais pas à la défense. La requête a été rejetée.
La seconde, qui visait à arrêter les procédures à cause d'un délai trop long - 35 mois - entre la commission du crime et la mise en accusation de Laquerre, a aussi été rejetée. La date du procès de l'homme de 57 ans sera fixée lors d'une conférence préparatoire le 21 mars. Il devrait durer plus de deux semaines.
Ébouillanté dans son bain
Le 6 mars 2008, Laquerre était chargé de donner le bain à des patients du CHSLD Pavillon Saint-Charles. Au tour de M. Simoneau, il fallait abaisser électriquement sa chaise dans le bain. L'eau chauffée à 50 degrés l'a très vite ébouillanté sur près de 20 % de son corps.
Les médecins de l'unité des grands brûlés de l'Hôpital de l'Enfant-Jésus ont d'abord évalué que les brûlures du paraplégique étaient aux premier et deuxième degrés, puis aux deuxième et troisième degrés. Il est mort trois semaines plus tard.