Frédérick Verreault a début sa carrière à l'âge de 25 ans. Il est à l'emploi d'Intercar depuis une dizaine d'années.

Passionné de la route

Conduire un autocar entre 100 000 et 125 000 kilomètres par année à travers l'Amérique du Nord, être loin des siens plusieurs mois et respecter un horaire précis. C'est la réalité de Frédérick Verreault, conducteur d'autobus voyageur depuis 12 ans. Malgré des conditions atypiques, il ne changerait pas de place avec personne pour tout l'or du monde.
Lors d'un voyage en Lousiasine, Frédérick Verreault a pu voir l'allée de chênes verts de Virginie à la plantation de cannes à sucre de Oak Alley. Les chênes ont jusqu'à 350 ans.- Photo Courtoisie
«J'ai toujours aimé la conduite, voyager, le service à la clientèle et les gens, décrit celui qui a trouvé sa voix après quelques années à rechercher son job de rêve. Ça m'a pris un certain temps avant de réunir tout ce que j'aimais dans un métier.»
Frédérick Verreault a début sa carrière à l'âge de 25 ans. Il est à l'emploi d'Intercar depuis une dizaine d'années, une entreprise saguenéenne qui oeuvre dans le transport scolaire, adapté, médical et long-courrier. C'est dans cette catégorie que Frédérick roule sa bosse.
«Environ 75% de mon année est consacré au long courrier, explique-t-il. On peut aussi bien partir pour une journée ou encore pendant 20 jours, dans des tournées aux États-Unis au Texas, en Louisiane et au Tennessee, aller en Floride l'hiver ou encore faire la traversée du Canada avec des touristes.»
Le reste de l'année, il effectue notamment des transits entre Chicoutimi et Québec, transporte des gens autour du Lac-Saint-Jean et dessert la Côte-Nord.
Être chauffeur d'autocar veut aussi dire travailler de longues heures, plusieurs journées consécutives. Frédérick Verreault soutient que ses quarts de travail sont souvent de 16 heures, pendant 14 jours. «Le 15e jour, il faut être en congé, c'est la loi, met-il en contexte. Ensuite, on repart.»
«La partie la plus difficile»
Être parti longtemps signifie inévitablement de devoir se séparer de ceux qu'on aime pendant une longue période.
«C'est la partie qui est la plus difficile», confirme le passionné de la route.
Père de deux jeunes filles, Frédérick Verreault donne beaucoup de crédit à sa compagne de vie, ajoutant que les technologies facilitent la tâche pour communiquer. Selon lui, un sens de l'organisation développé est un gage de succès.
«C'est un sacrifice qu'il faut faire et il faut que la conjointe soit d'accord avec ce principe, observe-t-il. Le jour où ma conjointe va me dire que ça ne fait plus et que c'est trop, je vais avoir un choix à faire et ça va être la famille en premier.»
Puisqu'il est souvent parti les fins de semaine, M. Verreault a moins le temps de dynamiser sa vie sociale. Il y trouve son compte ailleurs. «Ma vie sociale, c'est ma famille et mes enfants», partage-t-il.
Au-delà de tous ces beaux efforts de lui et de ses proches, Frédérick Verreault ne s'en cache pas; l'ennui finit parfois par le rattraper.
«Parfois, tu te demandes si ça vaut la peine, surtout quand la fatigue est plus présente, avoue-t-il. L'éloignement est un aussi un facteur, en étant loin de ceux qu'on aime. Il arrive qu'on se sente complètement impuissant et la culpabilité est également un sentiment qui revient. Dans ce cas, il faut se recentrer et arrêter de se regarder le nombril. On se dit qu'on a la chance de travailler et de faire ce qu'on aime.»