Le premier ministre Philippe Couillard et son leader parlementaire, Jean-Marc Fournier

Pas de mea-culpa des libéraux à la suite du rapport Charbonneau

Le gouvernement libéral ne formule aucun mea-culpa à la lumière du rapport de la Commission Charbonneau.
«Le gouvernement a agi, agit et va continuer à agir», a fait valoir le premier ministre Philippe Couillard mardi.
Son leader parlementaire, Jean-Marc Fournier, a assuré que les recommandations de la Commission Charbonneau «seront analysées avec l'objectif de les appliquer».
Il a pris bonne note que la présidente de la Commission, France Charbonneau, établit l'existence non pas d'un «lien direct», mais d'un lien «indirect» entre le financement des partis politiques et l'attribution de contrats publics. Et, surtout, que le commissaire Renaud Lachance ne voit, lui, «ni de lien direct, ni indirect».
M. Fournier a rappelé que l'Unité permanente anticorruption a été créée par un gouvernement libéral et que les ministres n'ont plus, comme du temps de Jean Charest, à recueillir 100000$ par année en dons politiques. Leur objectif a été ramené à 15000$.
Le chef de la Coalition avenir Québec, François Legault, a offert ses excuses aux Québécois pour les méthodes de financement de la défunte Action démocratique du Québec, parti qui s'est fondu dans le sien. Il l'a fait pour mieux demander aux autres chefs de parti de s'excuser à leur tour.
Il faut aller plus loin, dit le PQ
«On espère que le Parti libéral est prêt à mettre en oeuvre les recommandations le plus rapidement possible», a commenté le péquiste, Bernard Drainville.
Depuis qu'ils sont au pouvoir, les libéraux n'ont malheureusement «pas fait la preuve que la lutte à la corruption, c'était prioritaire», selon lui.
«Ils ont coupé de 40% les procureurs affectés à la lutte contre la corruption. Est-ce à cause de ces coupures-là qu'il y a autant d'enquêtes pour lesquelles les accusations n'ont pas été déposées? Bizarrement, certaines visent le Parti libéral.»
Colère de Khadir
Amir Khadir, de Québec solidaire, est en colère. «Mais où sont les personnes responsables? M. Couillard, M. Fournier, M. Hamad, qui étaient des ministres à 100000$, quelle est leur part de responsabilité?»
M. Khadir s'est dit en total désaccord avec Renaud Lachance. «Il y a bel et bien un lien direct entre le financement des partis politiques et l'octroi des contrats publics», a-t-il soutenu.
À la période des questions, le solidaire a eu maille à partir avec le président de l'Assemblée nationale. Il voulait dénoncer l'existence en 2015 de l'organisation par le Parti libéral du Québec de «cocktails de financement» pour lesquels des gens sont sollicités et lors desquels ils peuvent rencontrer un ou des ministres.
L'essentiel des contributions aux partis provient désormais de l'État. Depuis 2013, les dons qu'ils reçoivent ne peuvent dépasser 100$ par année par personne. Le plafond était de 3000$ auparavant.
Un peu avant
La ministre de la Justice, Stéphanie Vallée, a confirmé qu'elle a refusé que la Commission Charbonneau réserve une période de huis clos aux journalistes afin qu'ils épluchent le rapport avant qu'il ne soit diffusé -une façon de faire qui leur permet d'habitude de poser des questions plus précises aux personnes concernées.
Mme Vallée a plaidé sa volonté de rendre le rapport public à tous en même temps. Le gouvernement en a obtenu une copie un peu avant qu'il soit placé sur le site Internet de la Commission.