L'ex-député péquiste Pierre Curzi dit déplorer que le Parti québécois abandonne l'élargissement des dispositions de la loi 101 au réseau collégial, un dossier qu'il avait porté à bout de bras en 2011.

Pas de loi 101 pour les cégeps: des péquistes trahis, croit Curzi

Des militants du Parti québécois s'estiment très certainement trahis par l'abandon de l'engagement d'étendre aux cégeps les dispositions de la loi 101, affirme l'ex-député péquiste Pierre Curzi.
«Je déplore que le Parti québécois abandonne cette mesure-là», confie-t-il en entrevue.
La formation souverainiste n'a pas le choix de mettre de côté ce genre de mesures controversées si elle veut décrocher une majorité parlementaire le 7 avril, explique pour sa part le péquiste Marc Laviolette.
La chef du Parti québécois, Pauline Marois, a confirmé, jeudi, les informations du Soleil selon lesquelles son gouvernement oubliera cet engagement, même s'il devait obtenir une majorité parlementaire au soir du scrutin.
L'actuel président du Mouvement démocratique pour une Constitution du Québec, Pierre Curzi, rappelle que le projet désormais abandonné a pourtant été adopté par l'instance suprême du Parti québécois, soit son congrès national. C'était lors du dernier exercice du genre à s'être tenu, en avril 2011.
M. Curzi avait porté ce dossier à bout de bras, jusqu'à gagner l'adhésion de Pauline Marois et de la majorité des 1700 délégués péquistes réunis pour l'occasion.
L'élargissement des dispositions de la loi 101 au réseau collégial est «toujours nécessaire», soutient l'ancien député. Cela étant, il ne s'étonne qu'à moitié de ce recul. «Ça ne me surprend pas. [Le ministre] Jean-François Lisée y a toujours été opposé», laisse-t-il tomber.
Un prochain gouvernement péquiste, même majoritaire, ne cherchera donc pas à fermer la porte des établissements collégiaux anglophones aux francophones et aux allophones, comme il l'a déjà souhaité.
Éviter les vagues
Lorsqu'il a présenté le projet de loi 14 renforçant la Charte de la langue française, en décembre 2012, le gouvernement Marois avait expliqué que l'application de la loi 101 au réseau collégial avait été mise entre parenthèses parce qu'il était minoritaire.
«L'objectif, c'est d'avoir un gouvernement majoritaire», déclare aujourd'hui Marc Laviolette. «Donc, les mesures qui ont été adoptées par les instances du parti, mais qui risqueraient de soulever des controverses, qui pourraient nuire à l'obtention de la majorité, sont mises de côté.»
Actif dans l'association péquiste de la circonscription de Beauharnois, M. Laviolette ne s'«obstinera pas avec ça». Et ce, parce qu'il est souverainiste, précise cette figure de proue du groupe des Syndicalistes et progressistes pour un Québec libre.
«L'objectif de tout le monde, c'est qu'on soit majoritaire et c'est ce qu'on va atteindre, souligne encore Marc Laviolette. Après ça, on verra.»
Pauline Marois a fait valoir jeudi qu'il n'est plus nécessaire de viser les cégeps et que la plateforme électorale qui sera adoptée samedi par des délégués du Parti québécois s'en tiendra au projet de loi 14 tel qu'il a été rédigé.
Pierre Curzi a démissionné du caucus péquiste en juin 2011.