Quand l'innovation mène au doute : devant les contre-performances américaines malgré l'uniforme «le plus rapide au monde», Shani Davis songe à revêtir son ancienne combinaison lors de ses prochaines courses.

Pas de combinaison gagnante pour les Américains

Ils se vantaient de posséder la nouvelle arme de destruction massive qui les aiderait à dominer la planète du patinage de vitesse longue piste à Sotchi. Or, voilà que la combinaison de l'équipe américaine se révèle finalement être un flop monumental.
Le Canada porte du Apogée, les Néerlandais, du Craft et les Américains ont fait confiance à Under Armour. Le fabricant de Baltimore a eu l'aide de géants de l'aérospatiale pour mettre au point l'uniforme baptisé le Mach 39, le «plus rapide au monde», affirmaient-ils.
Les doutes sur l'efficacité de la combinaison ont percé la glace pour une première fois, mercredi, alors que Shani Davis, double champion olympique au 1000 m et grand favori pour y reconquérir le titre à Sotchi, s'est contenté d'une 8e place dans sa distance de prédilection. Jeudi, au 1000 m chez les femmes, Heather Richardson, classée première au classement de la Coupe dans cette épreuve, et sa coéquipière Brittany Bowe, détentrice du record du monde sur la distance, n'ont pu faire mieux que des 7e et 8e positions.
Si une combinaison dotée d'un aérodynamisme exemplaire aurait pu permettre aux Américains d'abaisser leurs chronomètres de quelques précieux centièmes de seconde, l'effet psychologique était aussi considéré. Les athlètes auraient ainsi pu se bomber la poitrine en se pavanant dans leur vêtement moulant révolutionnaire, dévoilé en grande pompe pour les Olympiques.
Le stratagème a cependant rebondi en plein visage des dirigeants de l'équipe. La combinaison n'est probablement pas la raison principale des déboires américains sur l'anneau de 400 m, mais elle est devenue une source de distraction et de doutes. Certains athlètes, dont Davis pour le 1500 m, songeraient même à prendre part aux prochaines compétitions dans leur ancien uniforme. Reste à savoir s'ils en ont la permission et le droit.
À «lames» égales
La plus simple hypothèse aux contre-performances est que d'autres patineurs sont simplement plus rapides. L'équipe néerlandaise, par exemple. Et dans ce cas, une question se pose : les patineurs tout d'orange vêtus ont-ils un nouvel atout technique les faisant glisser à vive allure vers les podiums? Les lames, peut-être?
Robert Tremblay, à la tête de projets en innovation pour Patinage de vitesse Canada, estime que non. «Rien n'indique qu'ils ont de nouvelles lames spéciales, a-t-il analysé. Ils sont simplement plus rapides sur ce type de glace.» Tout simplement.