Députée libérale depuis 1994, Fatima Houda-Pepin a été expulsée du Parti en janvier après un désaccord sur la position de son chef Philippe Couillard sur la charte des valeurs et le porte de signes religieux.

Parti québécois: une concession rarissime dans La Pinière

Contexte: Le Parti québécois (PQ) laisse la voie libre à la candidate indépendante Fatima Houda-Pepin, dans la circonscription de La Pinière. L'ancienne députée libérale ayant quitté le navire de Philippe Couillard se mesurera entre autres à Gaétan Barrette.
Le PQ soutient avoir pris cette décision afin de reconnaître le combat contre l'intégrisme de Fatima Houda-Pepin, exclue du caucus libéral, car elle ne partageait pas la position de son chef concernant la charte de la laïcité.
Le chef de la Coalition avenir Québec, François Legault, s'est montré «surpris» de voir le PQ abandonner la lutte. Pour Philippe Couillard, cette absence du PQ est «difficilement compréhensible pour un parti soi-disant représentatif de l'ensemble du Québec». Est-ce vraiment une surprise?
Les faits
Une certaine loi non écrite veut que le parti au pouvoir ne présente pas de candidat lors d'une élection partielle visant à permettre à un chef de parti de faire son entrée à l'Assemblée nationale. En 2013, Philippe Couillard n'avait pas d'adversaire péquiste lors de l'élection partielle dans Outremont.
La donne est toutefois tout autre lors d'élections générales. Même que le Parti québécois, en baissant les bras dans La Pinière, demeure l'exception.
Il faut remonter aux élections de 1981 pour voir un parti bien établi à l'Assemblée nationale sacrifier une circonscription. À l'époque, l'Union nationale, sur une pente descendante, avait omis de présenter un candidat dans la circonscription d'Ungava (121 candidats sur 122 circonscriptions).
La décision de Pauline Marois de concéder la victoire d'avance aux adversaires est donc du jamais-vu depuis plus de 30 ans lors d'un scrutin général.
De plus, le Parti québécois, dans toute son histoire, n'a jamais failli à la tâche de présenter des candidats dans toutes les circonscriptions.
Même à sa première tentative électorale, en 1970, le parti de René Lévesque avait été impeccable avec 108 candidats dans autant de circonscriptions.
La seule ombre au tableau : une candidature rejetée en 1998, dans Viau. Le candidat péquiste avait alors soumis son formulaire, avant de se rétracter, pour ensuite le réexpédier. Au final, le Directeur général des élections avait rejeté la candidature, estimant le délai dépassé.
Verdict:
Le Parti québécois choisit pour la première de son histoire, en près de 45 ans, de concéder la victoire à un adversaire lors d'élections générales.