Pour le MDN, la volatilité du vote et la possibilité qu'un parti forme le gouvernement sans avoir l'appui majoritaire de la population sont autant de raisons de militer pour la réforme du mode de scrutin.

Parti des sans-parti: les lobbies au service des citoyens

Le Parti des sans-parti a un remède plutôt original pour combattre la corruption, la collusion, l'abus de pouvoir ainsi que le cynisme en politique : tasser les grands lobbies d'origine patronale, syndicale ou agricole.
Si ce parti, au slogan sans complexe «Divisons le vote», venait à gouverner, il se ferait même hara-kiri, et ce, sans état d'âme. La solution? Une nouvelle constitution née d'une assemblée co nstituante serait convoquée pour définir les nouvelles institutions démocratiques qui auront à être approuvées par référendum.
Le Parti des sans-parti est l'un des 8 partis politiques sur 19 qui ne présentent que quelques candidats, 5 au total : Sylvain Drolet dans Taschereau, Julie Boucher dans Roberval, Louis-Paul Bourdon dans Huntingdon, Dave Gagné dans Chutes-de-la-Chaudière et le chef de la formation, Frank Malenfant dans Rivière-du-Loup-Témiscouata.
«On ne se positionne pas sur un axe droite-gauche, fédéraliste-souverainiste, mais autoritaire-libertaire. Il y a un grand coup de barre à donner pour un rapport de forces différent au gouvernement en faveur des citoyens», explique le plus sérieusement du monde M. Malenfant. Le modèle proposé par le chef est sans doute original. «Les lobbies parleraient directement à la population sur les grands débats. Ce serait un modèle participatif comme sur le projet d'oléoduc d'Énergie Est dans ma circonscription. Le député appellerait une grande assemblée qui finirait par un vote pour donner un mandat au député, sans ligne de parti. Actuellement, il faut se battre contre les lobbies patronaux, financiers et syndicaux qui sont plus forts que le gouvernement», décrit-il.
Le pouvoir des individus
Dave Gagné, qui se présente dans Chutes-de-la-Chaudière, croit au pouvoir des individus. «Je ne suis pas un politicien de nature, je suis plutôt du genre à discuter. Le problème avec les grands lobbies est qu'ils font pression sur quelques personnes et le chef du parti. Les députés élus suivent le parti même si les électeurs sont contre un projet», explique-t-il.
En 2012, le Parti des sans-parti portait le nom de la Coalition pour la constituante, cofondée par Roméo Bouchard, ex-leader de l'Union paysanne. «On n'est pas nécessairement issu des mouvements communautaires. Notre candidat dans Huntingdon... est propriétaire d'une PME de 30 employés. Moi, je suis analyste-programmeur pour le secteur manufacturier», souligne Frank Malenfant.