Le champion du monde de BMX, le Français Joris Daudet, a fait une vilaine chute en quarts de finale.

Parlez-vous le BMX?

Pendant toute la durée des Jeux, nous vous présentons des portraits d'athlètes ou de disciplines qui, par leur histoire ou par leurs performances, connaissent un parcours hors du commun. Aujourd'hui: le vélo BMX
Un pilote, pas un coureur. Une race, pas une course. Le BMX, qui décerne vendredi ses deux titres olympiques à Rio, parle sa propre langue, souvent anglophone, en marge du cyclisme traditionnel.
«Pour péter la grille, je dois casser les pédales. Je vais pomper. Mais aussi cabrer et enrouler. Tant pis pour le table-top, ce que je préfère en BMX. Je ne veux pas risquer de prendre une boîte.»
Faut-il traduire? Pour réaliser un super départ (péter la grille), je dois être en super condition (casser les pédales). Je vais à la fois raser les bosses et les attaquer (pomper). Mais aussi lever la roue avant du vélo avant la première bosse et enrouler la suivante (cabrer et enrouler). Tant pis pour la figure consistant à mettre le vélo parallèlement au sol quand on est en l'air (table-top), ce que je préfère en BMX. Je ne veux pas risquer de chuter assez violemment (prendre une boîte).
Depuis Pékin
Le BMX a fait ses débuts olympiques à Pékin, en 2008. Issu du motocross, il regorge de termes directement importés des États-Unis, son pays de naissance. Le turndown est cette figure effectuée dans l'air, le vélo à 90 degrés, quand le BMXer - inutile de traduire... - tourne le guidon et essaye de toucher la roue avant avec le coude. Le nose-bump? C'est un saut d'une bosse à l'autre, où le pilote - parlons français - se réceptionne avec précision sur la roue avant.
Dans la race, les coups sont interdits mais les contacts sont autorisés. Tant pis pour ceux qui se croûtent (tombent sans gravité, à quelques contusions près).
«Le BMX, c'est un 100 mètres en athlétisme qui aurait des haies de taille différentes», note le Français Joris Daudet, le champion du monde. «On part à huit en haut d'une butte de départ, on arrive à 63-65 km/h [en 2 secondes et demie, précise l'ex-entraîneur de l'équipe de France Fabrice Vettoretti ] et on enchaîne avec des obstacles de 10-12 mètres. Il n'y a pas de couloir, on peut aller chatouiller l'autre et se toucher. Parfois, ça frotte. Jusqu'à l'arrivée, tout peut se passer.»
Et c'est exactement ce qu'a vécu Daudet, en quarts de finale jeudi. Blessé après une violente chute dans la deuxième manche, il a quand même pris le départ de la troisième manche, mais il a n'a pas fini la course.
En BMX, on se fait aussi bourrer, ce qui revient à encaisser l'appui d'un adversaire dans l'un des virages du parcours, au nombre de trois sur le format des circuits olympiques. Il faut alors éviter de perdre de la vitesse, au moment du contact. Au risque d'être à la rue, une expression aisément compréhensible qui s'est généralisée dans le français courant.
Le vélo, taille minivélo à première vue, diffère lui aussi de son cousin de la route. Doté d'un seul frein, équipé d'une roue libre à braquet unique, il possède une tige de selle très courte afin que le pilote puisse disposer d'une grande mobilité lors des passages de bosses. 
Dès la fin de la course, le racer s'empresse de la remplacer par une tige de longueur habituelle. Ces pilotes casse-cou sont aussi des cyclistes.
Sur un sol de colle
La piste olympique de BMX possède un revêtement inédit, fait de chaux, de terre et de Soiltac. Cette sorte de colle sert à l'armée américaine pour fabriquer des pistes d'atterrissage dans le désert. Mais elle présente l'inconvénient de former une résine imperméable. Le mélange trouvé pour Rio, avec l'ajout de chaux et de terre, a pour avantage d'être drainant et de permettre aux compétitions de se tenir sous la pluie. Il a été testé en Coupe du monde à Rock Hill, aux États-Unis. Avec succès, selon un ex-entraîneur français.  AFP