Présentement, des 117 candidats libéraux annoncés pour le scrutin du 7 avril, 32 sont des femmes, soit 27 %.

Parité en politique: Couillard promet un cabinet avec au moins 40 % de femmes

Si Philippe Couillard devient premier ministre du Québec, son cabinet comptera au moins 40 % de femmes.
Ce pourcentage se situe dans ce qu'il appelle «la zone paritaire», soit entre 40 % et 60 % de femmes en proportion avec le nombre d'hommes.
Présentement, des 117 candidats libéraux annoncés pour le scrutin du 7 avril, 32 sont des femmes, soit 27 %.
«Je suis absolument convaincu qu'avec l'équipe féminine qu'on aura à l'Assemblée nationale, on va pouvoir composer un conseil des ministres de grande qualité», a dit le chef libéral qui en a profité pour lancer une flèche au Parti québécois. «Le Conseil des ministres sortant, on ne peut pas dire qu'il brille par sa représentation féminine», a-t-il laissé tomber.
À son arrivée au pouvoir en septembre 2012, Pauline Marois a nommé 23 ministres, dont 8 femmes, soit 35 %.
Le chef du Parti libéral du Québec (PLQ) a pris cet engagement samedi matin à Saint-Jean-sur-Richelieu entouré d'une douzaine de ses candidates en cette Journée internationale des femmes.
Plus de femmes dans les directions
Philippe Couillard venait d'annoncer qu'il veut voir davantage de femmes dans les postes de direction et stimuler l'entrepreneuriat au féminin.
Pour y arriver, un gouvernement libéral instaurerait un programme avec l'Autorité des marchés financiers pour obliger les entreprises cotées en Bourse de se doter d'un plan d'équité pour la représentation des femmes dans la direction.
Cette politique existe ailleurs. «L'expérience, parce que c'est une mesure qui existe déjà en Europe, a démontré qu'il y a un impact véritable. Et ça, c'est une locomotive pour les entreprises qui ne sont pas cotées en Bourse», a soutenu M. Couillard.
Le Parti libéral prévoit que les entreprises privées de 50 employés et plus qui seront dotées d'un telle politique recevront plus de points lorsqu'elles répondront à des appels d'offres pour des contrats publics. «Ce sera un avantage pour une entreprise d'avoir une présence féminine au niveau décisionnel», a dit le chef du PLQ.
Entrepreneuriat
Les promesses libérales de samedi touchent aussi l'entrepreneuriat, notamment par la bonification du programme fédéral Femmessor et par diverses activités de promotion avec la Fédération des chambres de commerce du Québec et le Réseau des femmes d'affaires du Québec.
Le PLQ veut aussi valoriser la présence de filles dans les métiers non traditionnels dès l'école secondaire en lançant des campagnes de promotion aux élèves, mais aussi aux entreprises qui les embauchent.
Pas de «rectitude politique»
De telles mesures pour favoriser la place des femmes n'ont rien à voir avec la «rectitude politique», a tenu à préciser M. Couillard. Le besoin est bien réel, dit-il, surtout dans l'entreprise privée, où il y a «du chemin à faire». Les femmes ne composent que 14 % des conseils d'administration des entreprises cotés en Bourse.
Et les femmes patronnes, ça marche, selon le chef du PLQ. «Ceux qui pensent que rehausser ce nombre est une question de rectitude politique ou de mode parce qu'aujourd'hui, c'est la Journée de la femme, il y a des études qui montrent que des entreprises où la présence féminine est importante sont à la fois plus efficaces et mieux gérées», a-t-il dit.
«D'ailleurs, au Parti libéral du Québec, on a mis trois femmes à la direction et depuis ce temps-là, ça va très bien», a lancé M. Couillard.
La compétence avant la parité, dit Legault
Pour la Journée internationale des femmes, François Legault s'est lui aussi présenté en compagnie d'une douzaine de ses candidates. S'il devenait premier ministre, le chef caquiste ne chercherait pas à tout prix à constituer un conseil des ministres paritaire. «Je pense qu'il faut prendre les plus compétents, a-t-il dit. Je pense que les femmes sont d'accord avec ça.» Le contingent de candidats caquistes est composé jusqu'à maintenant de 23 % de femmes. Attirer des candidatures féminines demeure «un défi», en politique, reconnaît M. Legault. «En devenant première ministre, Pauline Marois va permettre à beaucoup de femmes de s'intéresser à la politique, à voir que c'est possible pour une femme, a-t-il ajouté. En ce sens, c'est une bonne chose que Mme Marois soit devenue première ministre.»  Avec Simon Boivin