Le chef libéral Philippe Couillard

Paradis fiscal: Philippe Couillard doit s'expliquer

Alors que les questions d'intégrité continuent à prendre beaucoup de place dans la campagne électorale, Philippe Couillard doit s'expliquer pour avoir placé de l'argent dans un paradis fiscal, alors qu'il travaillait en Arabie Saoudite.
L'émission Enquête de Radio-Canada a appris que le chef du Parti libéral du Québec a détenu un compte dans l'île de Jersey, un minuscule territoire situé entre la France et l'Angleterre. Par l'entremise d'un porte-parole, M. Couillard a avoué à l'émission d'information avoir possédé ce compte entre 1992 et 2000. Et entre 1992 et 1996, il y a déposé 600 000 $ provenant de ses revenus réalisés au Moyen-Orient en tant que neurochirurgien.
La tactique n'a rien d'illégal, même s'il n'a payé aucun impôt sur ces revenus, car il n'avait plus aucun lien avec le Canada à l'époque. À son retour au pays, il a déclaré l'existence de ce compte et payé des impôts sur les intérêts. M. Couillard a expliqué avoir ouvert ce compte parce qu'il voulait placer son argent dans une banque canadienne. Une spécialiste consultée par Enquête a affirmé pour sa part que l'explication ne tient pas la route. Le seul réel avantage de posséder un compte dans ce pays, c'est pour profiter du secret bancaire.
Tard mercredi soir, le Parti libéral a diffusé un communiqué visant à «rectifier les faits». «Contrairement au reportage tendancieux de Radio-Canada, ce compte était public, déclaré et les impôts dus ont été acquittés. Les lois fiscales québécoises et canadiennes ont toujours été respectées.»