Marc-André Hamelin a grisé l'auditoire avec la qualité de son interprétation.

OSQ: en voyage avec Marc-André Hamelin

Avec son jeu tantôt aéré et délicat, tantôt ample et majestueux, Marc-André Hamelin a grisé l'auditoire venu l'entendre interpréter le Concerto no 1 de Brahms avec l'Orchestre symphonique de Québec et son chef Fabien Gabel, mercredi soir à la salle Louis-Fréchette.
L'oeuvre dure environ 45 minutes, mais l'interprétation servie par le pianiste québécois a semblé échapper à toute mesure objective. À la fin du troisième mouvement, on avait l'impression d'avoir quitté le sol depuis bien plus longtemps. C'est dire à quel point on a pu se sentir transporté.
Dans l'Allegro, les premiers violons ont semblé dépenser beaucoup d'énergie. On sentait l'effort. Mais l'Adagio, avec ses trilles fins et légers, presque immatériels, a sûrement donné lieu aux meilleurs moments de partage musical entre le soliste et l'orchestre. Le chef a magnifiquement rallié ses troupes au final.
Fabien Gabel peut se flatter d'avoir dirigé mercredi la première canadienne de la Symphonie no 2 de Friedrich Gernsheim. La musique de ce compositeur allemand récemment sorti de l'ombre témoigne d'un foisonnement créateur assez étonnant. Son écriture s'appuie sur une authentique science de l'orchestration et un goût très sûr. Il sait joliment fondre les bois et les cuivres, comme on a pu le constater à plusieurs occasions mercredi.
Il est beaucoup plus facile, et presque trop tentant, de trouver à ce Gernsheim des traits communs avec certains de ses contemporains que de saisir sa personnalité propre. On reconnaît des tournures brahmsiennes dans les premier et quatrième mouvements. Dans la Tarentella, on pense à Mendelssohn ou à Schumann, et, dans le Notturno, à Dvorak. Gernsheim a laissé trois autres symphonies. Si elles sont aussi bien tournées que la 2e, Fabien Gabel ne devrait pas hésiter à les inscrire également au programme.
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ORCHESTRE SYMPHONIQUE DE QUÉBEC. Direction: Fabien Gabel, chef d'orchestre. Soliste: Marc-André Hamelin, piano. Friedrich Gernsheim: Symphonie no 2 en mi bémol majeur, op. 46. Brahms: Concerto pour piano no 1 en ré mineur, op. 15. Mercredi soir à la salle Louis-Fréchette.