Bateau volant, d'Olivier Moisan-Dufour, alias Olito

Olivier Moisan-Dufour: touche graff, accents aztèques

Si vous vous intéressez un peu aux graffitis du centre-ville de Québec, vous avez déjà remarqué les personnages délurés d'Olito (alias Olivier Moisan-Dufour) sur le béton. L'artiste laisse également déborder son imagination en peinture, et la Galerie Morgan Brigde présente une sélection de ses toiles dans l'exposition Exploration picturale I.
Ces derniers mois, Olivier Moisan-Dufour est allé au Cameroun pour un projet soutenu par Les offices jeunesse internationaux du Québec. Il y a parrainé des jeunes de l'endroit lors d'ateliers artistiques et y a fait le plein d'images et d'inspiration. Deux toiles exposées à Morgan Bridge ont d'ailleurs été réalisées à partir de ses photographies prises sur le continent africain.
Autrement, l'univers pictural du dessinateur puise à l'imagerie aztèque et mexicaine - Olivier voyage en Amérique du Sud chaque année depuis sa sortie du Cégep Sainte-Foy il y a sept ans. Le jeune artiste compte déjà une dizaine d'années d'expérience en graff, et un peu moins sur toile.
Les peintures sont foisonnantes, vivement colorées, réjouissantes et, en même temps, vaguement inquiétantes avec ces corps tordus et ces visages grimaçants. On est quelque part entre la BD et l'expressionnisme, dans un intéressant terrain de jeu. On accroche surtout sur Bateau volant, inspiré de Ciro Chavez - «un sculpteur péruvien rencontré à Berlin», précise Moisan-Dufour, qui s'inspire aussi de Os gemeos et How nosm, des tandems de graffeurs qui ont l'intéressante caractéristique d'être frères jumeaux. Les premiers viennent du Brésil et les seconds, nés en Espagne, sont d'origine allemande. «Avec l'université, j'essaie de diversifier mes influences et de sortir de ma zone de confort», ajoute celui qui vient d'entamer sa deuxième session au bac en arts visuels à l'Université Laval.
Au 367, rue du Pont jusqu'au 9 février.