Comme il avait fait un succès mondial de Despised Icon dans sa niche musicale, le chanteur Alex Erian (au centre) a de nouveau visé juste avec Obey the Brave.

Obey the Brave: la scène plutôt que le travail de bureau

Quand le groupe deathcore montréalais Despised Icon avait annoncé sa dissolution en 2010, le chanteur Alex Erian avait affirmé que les membres de la formation commençaient à avoir de la difficulté avec la vie de tournée alors que plusieurs avaient des enfants et tentaient de mener de front une autre carrière.
Pour Alex cependant, la trêve aura été de courte durée puisqu'il lançait moins de deux ans plus tard le groupe hardcore Obey the Brave. Le quintette qui se produira au Cercle vendredi n'a pas tardé à s'imposer. Signé par la célèbre étiquette indépendante californienne Epitaph Records (Bad Religion, Pennywise, NOFX), le groupe a terminé d'enregistrer Salvation, son deuxième album qui sera lancé cet automne. «J'avais un bon emploi, coordonnateur au marketing pour les boutiques D-Tox et Amnesia, c'était cool, c'était payant. On avait une super équipe, mais je me suis rendu compte que je n'étais pas prêt pour le travail de bureau. J'étais Alex de Despised Icon! J'étais chanceux d'avoir pu vivre de ma musique et je me demandais pourquoi j'avais arrêté si tôt», commente le chanteur de 33 ans.
Viser juste
Alex a donc rencontré quelques amis du groupe Blind Witness, qui s'était également séparé durant la même période, et bâti ce nouveau projet, plus hardcore, toujours extrême, mais moins rébarbatif que le deathcore. Comme il avait fait un succès mondial de Despised Icon dans sa niche musicale, Erian a de nouveau visé juste avec Obey the Brave.
«Je ne voulais pas d'un Despised Icon numéro deux, alors j'ai laissé tomber les structures plus atypiques du metal extrême. Les pièces sont beaucoup plus simples et épurées», explique le chanteur, qui associe maintenant davantage le style de son groupe à ceux de formations hardcore new-yorkaises comme Hatebreed et Madball ou de groupes metal comme Pantera et Sepultura avec des influences punk.
En plus de lui avoir permis de vivre de sa musique pendant près de 10 ans, les nombreux talents qu'Alex a développés dans plusieurs domaines lui ont servi pour amener rapidement Obey the Brave au sommet. 
«Je me charge aussi de tout l'aspect business : gérant, directeur de tournées, suivi, relations de presse. Mon but n'a jamais été de faire ça, mais je voulais tellement faire de la musique que je m'y suis mis», explique-t-il.
Ces activités connexes ont été payantes quand Alex a voulu faire signer Obey the Brave chez Epitaph Records. «Je suis gérant du groupe montréalais Skip the Foreplay et j'ai réussi à le faire signer sur Epitaph, alors j'avais déjà des contacts là-bas. C'est une étiquette qui respecte notre identité.»
Identité québécoise
Bref, même si Salvation paraît sous une étiquette américaine, c'est à Saint-Hyacinthe qu'il a été enregistré et la pochette a été réalisée par le designer graphique Vincent Dion de Québec. 
D'autres artistes du Québec y feront également des apparitions. «On m'avait proposé Jesse Leach, chanteur de Killswitch Engage, comme invité, mais j'ai préféré appeler mes chums des Sainte Catherines et d'autres membres de groupes que tu ne connais probablement même pas», signale Alex.
Afin de poursuivre une tradition déjà bien installée à l'époque de Despised Icon, Salvation comptera aussi une pièce en français, C'est la vie. «Je sais que l'anglais est une langue universelle et c'est en anglais que je m'adresse à nos fans non francophones, mais je suis du Québec et je parle français alors ça a toujours été important pour moi. Quand on joue en France, en Suisse, en Belgique, ça réagit toujours très fort quand ils m'entendent parler français», conclut celui dont le père est Égyptien et la mère, Québécoise.
Peut-être d'autres spectacles avec Despised Icon
Alex Erian l'avoue, il est possible que le projet de réunion de Despised Icon, qui a présenté 11 spectacles cette année quatre ans après s'être séparé, se prolonge de quelques représentations.«En toute franchise, on improvise, moi et les autres membres du groupe. Les spectacles réunions, c'est une idée qui nous est venue quand nous sommes tous ensemble allés voir le spectacle de Black Dahlia Murder, dont fait maintenant partie notre bassiste Max Lavelle. Tous les gars étaient prêts, leurs enfants ont maintenant deux ou trois ans et ils pouvaient se permettre ça», explique le chanteur.
Le groupe nouvellement réuni a présenté 10 spectacles en Europe et un autre au Rockfest de Montebello. La clause d'exclusivité imposée par le Rockfest a empêché jusqu'à maintenant Despised Icon de présenter d'autres spectacles au Québec cet été.
«Les spectacles en Europe, c'est payant, mais on ne l'a pas fait pour l'argent. On envisage aussi de faire quelques spectacles aux États-Unis d'ici la fin de l'année ou au début de 2015, mais il n'y a rien d'officiel pour le moment.»
Vous voulez y aller?
Qui : Obey the Brave (invités : A Perfect Murder, Harriers, Hear My Words)
Où : Le Cercle, 228, Saint-Joseph Est
Quand : vendredi 1er août, 20h
Billets : 15 $
Tél. : 418 948-7684