Le corps de Roland Olivier, 81 ans, a été retrouvé dans la rivière Saint-Charles vers 19h mercredi. L'homme n'avait jamais fait de fugue et ne présentait aucun problème de comportement.

Noyade d'un octogénaire: l'homme pouvait circuler à sa guise

La mort par noyade d'un octogénaire, mercredi soir, après sa disparition d'une résidence pour personnes âgées, rappelle à quel point il est difficile de maintenir l'équilibre entre la sécurité et la qualité de vie des gens atteints d'une maladie cérébrale.
Roland Olivier, 81 ans, a été retrouvé dans la rivière Saint-Charles vers 19h mercredi. Des employés du Centre d'hébergement Saint-Antoine sur le boulevard Père-Lelièvre avaient signalé sa disparition vers 17h40 parce qu'il ne s'était pas présenté pour le repas du soir. Un tel événement peut soulever des questions sur les mesures de sécurité mises en place.
Dans ce cas-ci, M. Olivier pouvait circuler à sa guise dans le centre et se rendre à l'extérieur. «C'est un monsieur qui était connu de tous au centre. Il était là depuis trois ans et il était apprécié. Il n'avait jamais fait de fugue et ne présentait aucun problème de comportement. Il se déplaçait avec une marchette, mais pas toujours. Il avait une perte d'autonomie raisonnable», explique le Dr Alain-Philippe Lemieux, dg adjoint du Centre de santé et de services sociaux (CSSS) de la Capitale-Nationale.
Il rappelle que les mesures de sécurité déployées varient d'un patient à l'autre. «Par exemple, on a un protocole de contention pour les gens plus à risque. Dans le cas de M. Olivier, il était à un stade précoce de la maladie. On considérait ses déplacements sécuritaires. C'est toujours du cas par cas», précise le médecin.
Des 243 résidents du centre, les trois quarts «ont une atteinte aux fonctions mentales, que ce soit le jugement, la mémoire ou l'orientation», ajoute M. Lemieux. Comme quoi il est de plus en plus difficile de gérer le «risque zéro».
«Une résidence, c'est un milieu de vie. C'est un fragile équilibre entre assurer la sécurité des gens, parfois malgré eux, et offrir une qualité de vie. La contrainte n'est jamais bien vue. Il faut y aller avec parcimonie», ajoute le spécialiste pour qui cette triste nouvelle est le fruit d'un accident.
«La sécurité absolue, ça n'existe pas»
Le président du Comité des usagers du CSSS abonde dans le même sens. «La sécurité absolue, ça n'existe pas. Il faudrait transformer nos centres en prison pour éliminer tout risque, et encore», avance Michel Cantin.
Celui-ci va jusqu'à dire qu'il faut accepter un seuil minimal de risque pour pouvoir offrir une qualité de vie aux résidents. «On peut m'offrir des mesures de contention pour mon père qui est à risque de chute, illustre-t-il. Dans un tel cas, il n'aurait plus de qualité de vie.»
Pour lui, l'essentiel est donc de concilier la «meilleure qualité de vie possible avec des mesures de sécurité pertinentes».
M. Cantin comme le Dr Lemieux attendent maintenant le rapport du coroner au dossier pour savoir s'il y aura des recommandations à appliquer. La police de Québec a déjà écarté la possibilité d'un geste criminel.