Évaluée à 29 millions  $, la construction de la nouvelle infrastructure beauceronne est entièrement financée par des fonds publics, mis à part les dons obtenus lors d'une prochaine campagne de financement.

Nouvel amphithéâtre: Bernier dit non à Québec, mais oui à Ste-Marie

Maxime Bernier, qui s'oppose à ce que des fonds publics servent à la construction d'un nouveau colisée, a eu une opinion à l'opposé pour le nouveau complexe multifonctionnel de deux glaces à Sainte-Marie de Beauce présentement en construction dans sa circonscription.
L'ex-ministre conservateur, qui prône la diminution des dépenses gouvernementales et une intervention réduite de l'État, a réussi tout de même à décrocher une subvention de 9 millions $ de son gouvernement pour le projet de Sainte-Marie évalué à 29 millions $. Québec a allongé le même montant, et la municipalité de 12 000 résidants assumera le reste de la facture du projet entièrement financé par des fonds publics, mis à part les dons obtenus lors d'une prochaine campagne de financement.
«Si on compare la taille de notre population avec celle de Québec, ce serait un projet de 1 milliard 250 millions $ qu'il y aurait à Québec. C'est vous dire toute l'importance que cela représente pour nous», a affirmé au Soleil le maire de Sainte-Marie, Harold Guay. Il aurait pu ajouter que l'aide gouvernementale serait équivalente à une somme de plus de 800 millions $ pour Québec. «Sans l'aide des gouvernements, il n'y a pas de municipalités qui seraient capables de se payer un nouveau complexe sportif multifonctionnel. C'est aussi une question de redistribution de la richesse dans les régions. À Sainte-Marie, on n'aura jamais un métro financé par les gouvernements», a-t-il ajouté à l'occasion d'une visite du chantier de construction.
Plus qu'un aréna
Et n'allez pas parler au maire Guay qu'il s'agit du simple projet d'un nouvel aréna pour le hockey. «Quand on me dit ça, le poil me dresse sur les bras. C'est beaucoup plus. Il y aura deux glaces, dont une avec plus de 1000 sièges et l'autre avec 150. On pourra y présenter des spectacles. On s'est assuré d'avoir une bonne acoustique. Il y aura aussi un gymnase avec une centaine de sièges. Cela nous permettra d'attirer des compétitions provinciales. En plus, le complexe comprend une salle multifonctionnelle pouvant accueillir plus de 500 personnes en table ronde. Ce sera comme un minicentre de congrès», a-t-il raconté avec une grande fierté.
Le complexe qui est situé à côté de la polyvalente Benoît-Vachon sera grandement utilisé par les élèves de l'institution.
Pas de privé
La possibilité de conclure un partenariat public-privé a aussi été envisagée. Le maire n'était pas très à l'aise avec cette formule. «Nous avons reçu des propositions. Cela nous aurait permis de ne pas nous endetter en mettant sur notre budget des frais de location du complexe. Politiquement, on préférait que les gens puissent avoir leur mot à dire en ayant la possibilité de signer un registre pour s'opposer à emprunt et de se prononcer par référendum», a-t-il expliqué.
Malgré l'ampleur du projet pour la taille de la ville et le fait que l'on venait de compléter des travaux de près de 30 millions $ pour une nouvelle usine d'eau potable, les contribuables de Sainte-Marie ont accepté de faire leur part pour le nouveau complexe multifonctionnel.
«Il y a aussi que le tarif horaire de location des glaces aurait été plus élevé avec une entreprise privée. Il y aurait possiblement eu un centre de conditionnement physique et un restaurant en plus qui auraient fait concurrence aux commerces existants et on ne voulait pas que les fonds publics servent à compétitionner d'autres entreprises», a poursuivi le maire.
Personne n'a signé le registre pour demander un référendum sur le règlement d'emprunt démontrant pas la même occasion le fort consensus en faveur du projet pour remplacer en partie le vétuste aréna Paul-Henri-Drouin du nom d'un ex-journaliste du Soleil.
«Nous préparions ce projet depuis quelques années. Nous avons augmenté les taxes de 1 % par année depuis 2003 pour le projet. Cela nous a permis d'éviter d'avoir une trop forte augmentation de taxes la même année», a dit M. Guay.
Quand le nouveau plan de relance économique du gouvernement Harper est sorti en 2009, Sainte-Marie avait une longueur d'avance pour présenter une demande et obtenir des fonds d'Ottawa - grâce au concours du député Maxime Bernier - et du gouvernement québécois.
«Nous attendions un programme d'aide gouvernemental et c'est arrivé avec le plan de relance économique du gouvernement fédéral», a indiqué le maire très heureux que de l'alignement de planètes ait joué en faveur de sa municipalité.
Le projet qui est entré dans une course contre la montre doit être terminé le 31 mars pour bénéficier de toute la subvention fédérale. Jeudi dernier, le degré d'avancement des travaux était de 48 % avec une ou deux semaines de retard que l'on compte bien rattraper au cours des prochains mois.