Au centre de Notre Coney Island, il y a une énorme maquette animée, dont la construction a été entreprise il y a deux ans en résidence de création.

Notre Coney Island au Mois Multi: géorama vivant

S'il ne s'était pas appelé Notre Coney Island, le spectacle que le Théâtre Rude Ingénierie s'apprête à présenter au Mois Multi aurait pu avoir comme titre «Géorama». «Un géorama vivant», précise Bruno Bouchard, membre du collectif.
«Un géorama, c'est un genre d'installation à 360 degrés dans laquelle le spectateur est inclus et vit une grande fable», image Bruno Bouchard. Et plus il y réfléchit, plus le spectacle Notre Coney Island lui apparaît à cette image : une expérience immersive alliant performance, récit et installation, dans laquelle le spectateur a son rôle à jouer.
«Au Théâtre Rude Ingénierie, on aime parler de terrain de jeu et de création d'instruments qu'on peut réutiliser», poursuit l'artiste multidisciplinaire qui fait aussi partie de l'Orchestre d'hommes-orchestres.
Au centre de Notre Coney Island, qui sera présenté à la Caserne d'Ex Machina, il y a une énorme maquette, dont la construction a été entreprise il y a deux ans en résidence de création. Un instrument vivant constitué d'un amalgame d'objets quotidiens liés au divertissement. La silhouette d'un parc d'attractions miniature se profile sur l'objet hétéroclite. «C'est important de dire que c'est une maquette animée. Toutes les machines qui constituent la maquette bougent et font du son», précise Bruno Bouchard.
Cette maquette vivante qui a son propre langage sera au coeur de l'expérience de Notre Coney Island. Les gens déambuleront dans la salle pendant que les performeurs tourneront en direct un documentaire et produiront la musique qui l'accompagne. «Le titre vient de là. Le notre de Notre Coney Island n'est pas possessif, il est inclusif. [...] Les performeurs sont dans la foule, la foule est dans le film, et le film, c'est tout le monde avec l'objet central de conception du film : la maquette», poursuit Bruno Bouchard.
<p>Au coeur de la démarche artistique du Théâtre Rude Ingénierie, il y a d'abord Coney Island, ce mythique parc d'attractions new-yorkais né à la fin du XIXe siècle.</p>
Mythique parc d'attractions
Au coeur de la démarche artistique de la troupe, il y a d'abord Coney Island, ce mythique parc d'attractions new-yorkais né à la fin du XIXe siècle. «Quand je me suis intéressé à l'histoire de Coney Island, je me suis intéressé à tout son déclin, à sa richesse passée, à la richesse narrative qu'il y avait dans le début de son histoire, son apogée au début du siècle», explique Bruno Bouchard.
Ce qui le fascine particulièrement, ce sont «les prouesses technologiques et d'ingénierie du début du siècle» qui, concentrées dans un seul lieu, rendaient l'endroit magique, fantastique. Avec le temps, ces technologies du divertissement sont devenues plus accessibles à tous et se sont dispersées dans la vie quotidienne jusqu'à en devenir banales, analyse l'artiste.
Partant de la théorie que Coney Island ait été un laboratoire pour étudier la façon de bâtir les grandes villes contemporaines, l'équipe du Théâtre Rude Ingénierie se pose deux questions. «Maintenant que le divertissement n'est plus concentré en de seuls endroits magiques comme Coney Island, comment s'immisce le divertissement dans notre quotidien?
L'autre question, c'est celle de l'espace public. Coney Island était un espace de rassemblement, un espace de déambulation, où les gens allaient se rencontrer. Si le divertissement et la technologie se sont dispersés partout dans les villes, où est l'espace public, maintenant?» s'interroge Bruno Bouchard.
Notre Coney Island n'apporte pas nécessairement de réponse, mais l'artiste rêve que justement, cette expérience collective permette «de trouver des façons de se réoffrir des espaces de divertissement commun».
Vous voulez y aller?
Quoi : Notre Coney Island
Qui : Théâtre Rude Ingénierie
Où : La Caserne (103, rue Dalhousie)
Quand : 27 et 28 février; 1er mars, à 19h30
Billets : 25 $ (20 $ pour les étudiants et les 30 ans et moins)
Info : goo.gl/jF5wMm