Marc Nadon

Nomination de Marc Nadon jugée invalide: Marois et Couillard satisfaits

Pauline Marois et Philippe Couillard se réjouissent tous deux - mais pour des raisons différentes - du jugement de la Cour suprême qui écarte le juge Marc Nadon du banc du plus haut tribunal au pays.
La péquiste n'a pas caché sa satisfaction d'avoir barré la route à un nouvel envahissement par Ottawa. Le libéral a insisté sur le fait que le dossier démontre que le Québec est bien défendu par les institutions canadiennes.
«Ça fait la démonstration que lorsque le Québec se tient debout, nous pouvons avoir gain de cause, s'est réjouie Mme Marois. Dans le cas présent, il n'y avait pas d'autre choix possible. M. Harper a erré en voulant nommer le juge Nadon.»
Points de vue
La péquiste affirme avoir rencontré une certaine résistance dans «les appareils» dans la marche vers cette contestation. «Ça dit que le Québec doit continuellement se battre, a poursuivi Mme Marois. Sinon, on aurait pu laisser passer ça, et ce juge aurait été nommé. Alors, il faut se battre, défendre nos points de vue, être vigilant.»
Le leader du Parti libéral du Québec (PLQ) a soutenu que la décision n'amène pas d'eau au moulin des souverainistes. «Ça démontre qu'une institution fédérale également reconnaît la législation et la prépondérance provinciale. J'espère qu'ils [les membres du gouvernement Marois] vont la saluer.»
Le chef du PLQ n'a pas voulu commenter si Ottawa a tenté une nouvelle fois de s'accaparer de pouvoirs. «Il y a souvent des tendances de part et d'autre», a-t-il soulevé vaguement. «Il y a des tribunaux pour ça», trancher les litiges.
«Le gros bon sens»
Le chef de la Coalition avenir Québec, François Legault, a aussi salué la décision de la Cour suprême.
«Je suis très content de la décision, c'est le gros bon sens», a-t-il brièvement commenté. «Je pense que c'était clair que les principes demandaient que ce soit un juge qui vienne clairement du Québec et ce n'était pas le cas avec le juge Nadon.»
Le juge à la semi-retraite Marc Nadon siège depuis 20 ans dans une cour fédérale. Il n'est plus membre depuis ce temps du Barreau du Québec. Il n'est plus familier avec la pratique courante du droit civil qui distingue le Québec du reste du pays.
Marc Nadon réside en Ontario, a révélé Le Soleil. Les critères pour nommer un juge représentant le Québec à la Cour suprême font partie intégrante de la Constitution.