Vanessa Roussel, 21 ans, a comparu mardi.

Neuf mois dans la collectivité pour avoir inventé un viol

La jeune femme qui avait fait déclencher une vaste opération policière en affirmant avoir été violée par deux Noirs à la halte routière de Saint-Michel-de-Bellechasse en 2011 écope d'une peine de neuf mois dans la collectivité.
Vanessa Roussel, 23 ans, a plaidé coupable à l'accusation d'entrave au travail policier. La poursuite a abandonné l'accusation de méfait public, ne pouvant prouver l'intention spécifique, vu l'état mental de l'accusé.
Souffrant d'un trouble bipolaire mal soigné, Vanessa Roussel appelle le 9-1-1 au matin du 21 juin 2011 et affirme que deux hommes viennent de la violer dans un boisé derrière la halte routière de l'autoroute 20 à Saint-Michel-de-Bellechasse.
Les deux agresseurs, des hommes de race noire, l'ont menacée à la pointe d'un couteau, dit-elle.
Les ambulanciers viennent aussitôt chercher la jeune femme pour la conduire à l'hôpital, où des prélèvements vaginaux seront pris et expédiés en urgence pour analyse.
Les policiers de la Sûreté du Québec sécurisent la scène, ratissent les lieux avec un maître-chien et font même survoler le territoire par un hélicoptère.
Ils interrogent les travailleurs agricoles des environs et font réaliser deux portraits-robots.
Le ministère des Transports du Québec, responsable de la cinquantaine de haltes routières de la province, évalue la possibilité de doter ses installations de caméras de surveillance.
Le 7 juillet, soit deux semaines après le début de l'enquête, le biologiste révèle aux policiers que les seules traces d'ADN trouvées dans les prélèvements sont celles de Vanessa Roussel et de son conjoint.
Confrontée, la jeune femme finit par avouer qu'elle a tout inventé.
Devant le tribunal, Vanessa Roussel, émue, s'est dite consciente de la gravité des gestes qu'elle avait posés. «Je suis désolée de ne pas avoir arrêté avant», a expliqué celle qui étudie en éducation spécialisée.
En plus de sa peine de neuf mois à être purgée dans la collectivité, dont les trois premiers mois chez elle 24 heures sur 24, Vanessa Roussel devra effectuer 150 heures de travaux communautaires.