Mathieu Vanasse-Carpentier, 30 ans, a décidé la semaine dernière de plaider coupable à 23 accusations, notamment voies de fait graves, agression sexuelle et menaces de mort.

Neuf ans à l'ombre pour avoir fait vivre l'enfer à son ex

«Le Tribunal ne peut faire abstraction de cette calamité qu'on désigne sous le vocable de "violence conjugale". [...] Le traitement dégradant dont font encore l'objet trop [de femmes] doit non seulement être décrié sur la place publique, mais également châtié par les tribunaux, derniers remparts de toute société civilisée contre l'arbitraire et la loi du plus fort.»
C'est en ces termes que s'est exprimé le juge François Huot avant d'imposer à Mathieu Vanasse- Carpentier, qui a fait vivre un véritable enfer à son ex-conjointe pendant trois longues années, une peine globale de neuf ans de pénitencier. «Nous ne sommes pas ici en présence d'un geste unique et isolé, mais bien d'un pattern de violence et d'abus sexuel solidement ancré dans sa personnalité», résume le juge Huot dans une décision-fleuve de 53 pages.
Le magistrat a retenu contre l'accusé plusieurs facteurs aggravants, dont le caractère particulièrement «violent et avilissant» des gestes posés. De septembre 2008 au mois d'août 2011, la violence physique, psychologique et l'asservissement sexuel sont devenus un véritable mode de vie pour Vanasse-Carpentier, a dit le juge, précisant que l'accusé avait brutalisé sa victime à au moins 130 reprises et agressé sexuellement celle-ci à 25 reprises.
Autre facteur aggravant : le caractère prémédité des abus sexuels. Pour affaiblir la volonté de sa victime, Vanasse-Carpentier obligeait systématiquement sa victime à consommer de la méthamphétamine avant de passer à l'acte, a rappelé le juge Huot. Et malgré le désaccord de la jeune femme, il avait aussi fait l'achat de divers objets sexuels qu'il destinait à la pénétration anale, d'ajouter le magistrat. Vanasse-Carpentier a notamment fait l'acquisition d'un strap-on avec lequel sa victime devait le pénétrer.
Le juge Huot a également retenu contre l'accusé les lésions physiques et les blessures psychologiques particulièrement sévères subies par la victime, qui était, en date du 12 février, hospitalisée dans l'unité de soins psychiatriques d'un hôpital de Québec. La jeune femme souffre notamment d'un trouble de stress post-traumatique.
Risque de récidive
Le magistrat croit par ailleurs que Vanasse-Carpentier représente un risque de récidive «susbtantiel». «Jusqu'à ce jour, il n'a fait l'objet d'aucune évaluation psychologique ou sexologique. Il n'a participé à aucune thérapie visant à résoudre ses problèmes d'agressivité et de déviance sexuelle. Pire, il affirme sans ambages que cette déviance ne découle exclusivement que de sa consommation de méthamphétamine», a signalé le juge.
de «60 % à 70 %» responsable
Durant son témoignage, Vanasse-Carpentier avait dit s'approprier de 60% à 70% de la responsabilité. «Dans un couple, on est toujours deux», avait-il expliqué, ajoutant qu'il n'avait jamais battu sa victime «gratuitement».
Selon le juge Huot, «le Tribunal ne peut certainement pas conclure en une preuve de réhabilitation suffisante pour le rassurer quant à la conduite ultérieure du délinquant qui, il n'est pas inutile de le rappeler, attend impatiemment sa remise en liberté pour plonger dans une autre relation conjugale».
Vanasse-Carpentier a éclaté en sanglots lorsque le juge a prononcé la lourde peine. Présente dans la salle, sa nouvelle conjointe, en larmes elle aussi, lui a soufflé des baisers avant qu'il ne reprenne le chemin des cellules.