Nathalie Normandeau au FM93.

Nathalie Normandeau n'a pas été crue

Contrairement à son témoignage, l'ex-ministre Nathalie Normandeau savait qu'en privilégiant les projets de certaines municipalités, elle favorisait une firme impliquée dans ses propres activités de financement, selon le rapport Charbonneau.
La thèse de l'ignorance avancée par celle qui est aujourd'hui animatrice au FM93 n'a pas été crue par les commissaires. Lorsqu'elle a utilisé son pouvoir discrétionnaire pour offrir une «aide majorée» à des projets de plusieurs municipalités de sa région d'origine, entre 2005 et 2009, «elle ne pouvait ignorer que ceux-ci, dans la plupart des cas, seraient réalisés par la firme Roche», soutient le rapport.   
Lors de son passage devant la commission Charbonneau, Mme Normandeau a soutenu que son chef de cabinet, Bruno Lortie, et l'ex-ministre Marc-Yvan Côté, qui a été vice-président chez Roche, ont agi à son insu. Les deux amis notoires ont manoeuvré pour que la firme récolte plus que le double de contrats de sa plus proche concurrente, a-t-elle avancé.
«On est venu pervertir mon engagement politique», a déploré Mme Normandeau.
Or, le plaidoyer de l'ex-ministre est «difficilement conciliable» avec son admission qu'en Gaspésie, «il y a à peu près que Roche qui existe dans les grandes firmes». Cette «situation de favoritisme» est «d'autant plus troublante» que les deux hommes ne sont pas que des amis, peut-on lire. «Ils étaient impliqués dans l'organisation d'activités de financement qui rapportaient chaque année environ 40 000 $ à la ministre», est-il souligné.
Le rapport note aussi que l'ex-ministre a fait un «usage important» de son pouvoir discrétionnaire et a recommandé le financement de «plusieurs dossiers que les analystes du ministère avaient refusé d'endosser».
Mme Normandeau n'a pas rappelé Le Soleil, mardi. En ondes, elle a assuré avoir «toujours fait [son] travail de façon intègre et honnête». «Ceux qui pensent que je m'en suis mis plein les poches avec la politique, que j'ai volé, oubliez ça», a dit Mme Normandeau.   
Avec la collaboration de Michel Corbeil