L'électricité statique dans les cheveux ou les vêtements suffit parfois pour brouiller un signal électromagnétique. Il n'existe cependant pas de gens qui génèrent plus de statique que d'autres, mais les vêtements qu'ils portent peuvent faire une différence.

N'ajustez pas votre gilet de laine

«Se peut-il qu'une personne, en s'approchant d'un téléviseur non câblé [c'est-à-dire qui reçoit des signaux grâce à une antenne], puisse provoquer plus de statique qu'une autre personne? Et se peut-il que porter des vêtements de type polar empire le phénomène? Dans ces cas, le son griche au point de ne presque plus entendre ce qui se dit», nous écrit Francyne Chalifour.
Les antennes, qu'il s'agisse des «oreilles de lapin» qui ornaient jadis les téléviseurs ou des «baguettes» de nos téléphones cellulaires, captent toutes essentiellement la même chose : des ondes électromagnétiques, c'est-à-dire de l'énergie électrique et magnétique qui se répand dans l'espace un peu comme une vague. On peut régler nos appareils de façon à ce qu'ils «entendent» mieux une fréquence que les autres - c'est en plein ce qu'on fait quand on change le poste de radio dans l'auto par exemple -, mais il reste toujours que les antennes captent d'autres signaux en même temps.
Pour qu'un signal soit capté avec un minimum de netteté, explique Jean-Jacques Laurin, professeur de génie électrique à l'École polytechnique de Montréal, il faut donc qu'il soit sensiblement plus fort que le bruit ambiant. «Si la réception est déjà mauvaise, par exemple parce que la tour émettrice est très éloignée, ou que l'équipement de réception est de mauvaise qualité, l'ajout d'une faible quantité de bruit électromagnétique peut suffire pour brouiller le récepteur qui se met alors à gricher, nous a-t-il écrit lors d'un échange de courriels.
Dans ces conditions, poursuit-il, l'électricité statique qui s'accumule dans les cheveux ou dans certains vêtements - la laine et le polar étant des textiles particulièrement propices - peut suffire à «déranger» la réception. La présence d'une charge électrique crée en effet un champ électrique - et comme l'électricité et le magnétisme sont les deux facettes d'une même médaille, ce champ peut être assez grand pour brouiller un signal électromagnétique.
«La mousse de rembourrage est un autre bon exemple [de matériaux qui emmagasinent de l'électricité statique], a poursuivi M. Laurin. Parfois, s'asseoir ou se relever d'un fauteuil suffit pour déclencher une multitude de décharges», et ainsi nuire à la réception.
En bout de ligne, donc, il n'existe pas de gens qui génèrent plus de statique que d'autres, mais les vêtements qu'ils portent peuvent faire une différence.
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«J'aimerais savoir ce qu'il en est des ondes qui nous entourent. De nos jours, de très nombreux appareils fonctionnent avec des ondes. Plusieurs satellites entourent notre planète, tous nous bombardant d'ondes. Alors se peut-il qu'un jour, il finisse par y avoir trop d'ondes et que tout cela fasse un buzz affreux?» demande Odette Tremblay, de Québec.
Comme nous l'avons mentionné plus haut, les ondes émises par les satellites de télécommunication font partie du «spectre électromagnétique», qui comprend notamment les ondes radio, les micro-ondes, les infrarouges, la lumière visible, les ultraviolets, les rayons X et les rayons gamma. Ce qui distingue ces types d'ondes, c'est simplement leur longueur d'onde, soit la distance entre deux «crêtes de vague», si l'on veut. Les satellites de télécommunication émettent habituellement des ondes radio, dont la longueur d'onde est  de plus de 30 centimètres, ou des micro-ondes (3 mm à 30 cm).
Mais même sans ces satellites, la Terre serait constamment bombardée d'ondes électromagnétiques provenant principalement du Soleil. A priori, il n'y a donc pas de quoi s'en faire, peu importe ce que l'on entend par «buzz affreux»!
C'est d'autant plus vrai, ajoute M. Laurin, que «lancer un satellite en orbite coûte extrêmement cher, en partie parce que celui-ci doit être conçu avec le plus grand souci d'efficacité énergétique. Une fois rendu en orbite, le satellite compte essentiellement sur l'énergie lumineuse qu'il capte du Soleil et qu'il transforme en électricité pour fonctionner. On visera donc à utiliser cette énergie de la façon la plus parcimonieuse possible, en émettant juste assez de signal radio pour permettre aux liens de télécommunications entre le satellite et la Terre de fonctionner, et en dirigeant ce faisceau radiofréquence vers une zone bien définie où se trouve la clientèle desservie par le satellite. «La densité de puissance radiofréquence [ou micro-ondes] reçue au sol provenant du satellite est donc très faible [beaucoup plus faible que celle reçue d'un téléphone cellulaire qu'on colle sur son oreille, par exemple] et il est nécessaire d'utiliser des antennes paraboliques assez grandes pour pouvoir recueillir suffisamment de puissance et permettre au récepteur radio/tv de décoder les signaux transmis.»