Le conservateur Christian Denis montre le masque mortuaire de trois nonnes décédées après avoir bu de l'alcool frelaté.

Musée de la civilisation: incursion dans un bunker

Le bunker du Musée de la civilisation est difficile à trouver. Il faut zigzaguer à travers le parc industriel Duberger, à Québec, avant de s'arrêter devant un bâtiment banal, gris et crème. Mais ce gros coffre-fort, qui porte le nom de Réserve muséale de la Capitale-Nationale, n'a rien de banal à l'intérieur. Il renferme certains des plus beaux trésors du patrimoine québécois.
En temps normal, l'endroit est peuplé de conservateurs de musée, d'historiens et de gardiens de sécurité. Hier, on l'a ouvert aux journalistes pour promouvoir les 13 documentaires nommés Portes ouvertes... au Musée de la civilisation qui seront présentés sur
les ondes du Canal Savoir dès le 12 janvier.
Cette série télévisée est le seul moyen dont les citoyens disposent pour jeter un coup d'oeil sur ce que le Musée conserve jalousement. Des dons de collectionneurs privés et de communautés religieuses, qui étaient entassés dans un hangar de Vanier jusqu'à la construction de cette forteresse de 8500 m2, une des plus modernes au monde, en 2003.
Elle renferme aujourd'hui plus de 225 000 objets, soigneusement emballés, couchés sur du styromousse, placés à la bonne température et identifiés avec un code barre dans de gros compactus, comme ceux que l'on utilise dans les bibliothèques.
Quand on tourne les manivelles de ces compactus, on trouve des sculptures inuites, du mobilier ancien, des animaux empaillés à l'arsenic (attention à la manipulation!), des chapes faites de soie et d'or que les prêtres québécois commandaient d'Europe dans les années 1700.
Dans un registre plus moderne, on fait aussi la découverte de figurines colorées, qui font partie de l'art populaire, d'ornements de Noël de nos arrière-grands-parents (la plus grande collection du genre au Canada), et de fourrures, dans une chambre froide.
Entre les étages, un ascenseur d'une douceur extrême permet de transporter avec soin les nouveaux trésors, qui s'ajoutent de temps à autre à la collection, ou de faire sortir les objets qui ont été réquisitionnés pour faire partie d'une exposition.
Notre guide, le conservateur Christian Denis, qui est aussi l'animateur des émissions, parle avec passion de tous ces objets du quotidien qui permettent de mieux comprendre la société dans laquelle on vit. «Ici, on est dans une logique de réflexion et non de contemplation», lance-t-il entre deux explications.
C'est un heureux mariage entre Télé-Québec, le Canal Savoir et le Musée de la civilisation qui a permis de réaliser ces documentaires. Et si l'aventure est concluante, elle pourrait se poursuivre avec d'autres musées québécois, nous dit Michèle Fortin, directrice générale de Télé-Québec.