ROCK, Drones, MUSE

Muse: la force du trio *** 1/2

Avant même que Muse ne s'attelle à la tâche pour donner forme à Drones, les gars disaient vouloir se dépouiller des excès de leurs récents albums pour retourner à la formule trio qui les définit.
Ils ont tenu parole et offrent quelque chose de plus épuré sur ce septième enregistrement, dans la mesure, bien sûr, où Muse peut faire dans l'économie. S'associant au vétéran producteur Mutt Lange (Def Leppard, Bryan Adams, AC/DC), les Britanniques y vont d'un album-concept s'articulant autour de la guerre moderne et de sa déshumanisation.
Muse arrive ici avec une de ses réalisations les plus achevées et des plus mordantes. Certes, les gars ne font pas dans la haute subtilité et il est vrai que le spectre de Queen ou de Radiohead n'est jamais très loin, mais il reste que le band s'appuie sur du matériel bien ficelé et bien rendu. Pour faire contrepoids aux lignes les plus costaudes (convaincantes Psycho ou Reapers), le groupe propose quelques passages nuancés, dont la pertinente Aftermath, aux accents blues.
Matt Bellamy y va de riffs efficaces à la guitare, affiche son aisance habituelle à la voix, tandis que la batterie de Dominic Howard sonne comme une tonne de briques, bien soutenue par Christopher Wolstenholme (basse). Ça dérape un peu en fin de parcours, avec The Globalist qui passe d'un boléro à la Morricone à des citations d'Edward Elgar, puis avec le chant polyphonique a cappella de Drones, mais pas assez pour chasser l'impression que Muse a pondu là un de ses meilleurs albums.