Sur 20 ans, c'est 1,3 milliard $ qui seraient investis si Thomas Mulcair était porté au pouvoir le 19 septembre.

Mulcair évasif sur les détails d'une possible coalition

Thomas Mulcair refuse de préciser si une alliance avec le Bloc québécois, semblable à celle que la coalition entre libéraux et néo-démocrates avaient scellée avec la formation de Gilles Duceppe en 2008, serait à nouveau acceptable à ses yeux dans l'éventualité d'un gouvernement minoritaire à Ottawa.
À neuf jours du vote, alors que la lutte reste serrée entre les troupes de Stephen Harper, de Justin Trudeau et de M. Mulcair, la possibilité de l'élection d'un gouvernement minoritaire le 19 octobre demeure très probable.
Dans sa plateforme électorale dévoilée vendredi, le chef du Nouveau Parti démocratique (NPD) indique vouloir «travailler de concert avec d'autres partis fédéralistes», afin de «mettre un terme à la décennie perdue de Stephen Harper».
Invité samedi à préciser s'il jugeait acceptable le type d'alliance signée par la coalition libérale et néo-démocrate avec le Bloc québécois en 2008, il a esquivé la question. Il a préféré rappeler que ce sont les libéraux qui ont mis fin à cette coalition, imposant ainsi aux Canadiens plusieurs autres années de gouvernement conservateur.
«Les libéraux ont levé le nez sur leur propre signature, et cinq ans plus tard, on est encore "pognés" avec Stephen Harper et les conservateurs. Ma première responsabilité, c'est de battre Stephen Harper le 19 octobre et former un gouvernement progressiste du NPD», a-t-il lancé en point de presse à Victoria.
En 2008, le Bloc avait donné formellement son appui à la coalition, avec un accord valide pour 18 mois. Gilles Duceppe était d'ailleurs assis aux côtés de Stéphane Dion et de Jack Layton dans la conférence de presse annonçant cette entente. L'implication du Bloc dans les pourparlers avait suscité un malaise au Canada anglais.
Questionné sur la possibilité d'une coalition qui inclurait le Parti vert, M. Mulcair a une nouvelle fois contourné la question, répétant que sa mission numéro 1 était de battre Stephen Harper et rappelant au passage que Justin Trudeau claquait la porte à une possibilité de coalition chaque fois que l'occasion se présentait.
M. Mulcair a entamé la dernière ligne droite de cette longue campagne électorale avec un arrêt à Victoria, par un discours très couru, dans une salle remplie à pleine capacité. Les nombreux partisans - 1200, selon les néo-démocrates - tenaient des pancartes orange en forme d'arrêt-stop sur lesquelles on pouvait lire «Arrêtez Harper». La bataille n'est toutefois pas gagnée pour les néo-démocrates en Colombie-Britannique, alors qu'ils sont au coude-à-coude avec les libéraux et les conservateurs à l'échelle de la province. À Victoria, la principale opposante du député sortant Murray Rankin est une candidate du Parti vert, Jo-Ann Roberts.
Au moment où le NPD peine à remonter dans les sondages, M. Mulcair a voulu se poser comme figure incontournable pour les électeurs qui souhaitent du changement.
«Pour battre Stephen Harper, le NPD a besoin de 35 sièges (...). Les libéraux, eux, ont besoin d'une centaine de sièges. Il faut aussi que les gens se concentrent là-dessus», a-t-il signalé. Afin que ce scénario fonctionne, il faudra toutefois que le NPD conserve également tous les sièges qu'il détient actuellement.
Plusieurs analystes croient que la position de M. Mulcair sur le port du niqab dans les cérémonies de citoyenneté a eu un impact négatif sur sa campagne. En réaction à cet enjeu qui s'est immiscé dans le débat électoral, certains électeurs du Québec se sont rendus dans des bureaux de scrutin pour voter par anticipation le visage couvert, tantôt d'un drap, tantôt d'un sac de patates. M. Mulcair n'a pas commenté ce phénomène, mais il a insisté sur le fait que les électeurs étaient nombreux à voter par anticipation.
«Moi, ce qui m'interpelle avec le vote par anticipation, c'est le nombre de Canadiens qui veulent du changement à Ottawa. Le chiffre est absolument incroyable.»