Non seulement les gars de Mötley Crüe avaient-ils interdit aux photographes d'accéder au Centre Vidéotron pendant leur spectacle, mais ils ne voulaient qu'aucune critique de leur spectacle ne soit écrite en raison de l'absence de Tommy Lee.

Mötley Crüe, une dernière fois... sans Tommy Lee!

CRITIQUE / À quelques semaines de la fin de sa tournée d'adieu, le groupe hard rock Mötley Crüe est venu saluer une dernière fois Québec mercredi soir au Centre Vidéotron, des adieux doux-amers puisque le batteur Tommy Lee n'a pas pu s'installer derrière ses fûts pour un cinquième soir consécutif, ennuyé par une tendinite au poignet gauche.
Remplacé par le batteur d'Alice Cooper, Glen Sobel, Lee s'est tout de même pointé sur scène après l'interprétation de Primal Scream pour expliquer et s'excuser de son absence dans une allocution ponctuée de «fuck». «Vous ne pouvez pas savoir à quel point ça me fait mal de ne pas pouvoir jouer, surtout que c'est la dernière tournée...», a-t-il lancé alors que le public y allait de cris d'encouragement.
Le groupe californien a livré plusieurs de ses succès, de Girls, Girls, Girls à Saints of Los Angeles en passant par Shout at the Devil, Live Wire et Dr. Feelgood, le tout agrémenté de flammes, d'explosions, de choristes en microshorts et de la fameuse basse lance-flamme de Nikki Sixx.
Musicalement, le quatuor a été presque sans faille, quoique le chanteur Vince Neil soit loin d'avoir encore la voix de ses 20 ans et ait de la difficulté à atteindre les notes hautes. La soirée s'est terminée avec des nacelles qui ont promené Sixx et Neil aux quatre coins de l'amphithéâtre durant Kickstart my Heart, puis sur Home Sweet Home jouée sur une plateforme installée au milieu du parterre avec Lee au piano, de sa main valide.
<p>Plus gentil que les gars de Mötley Crüe, Alice Cooper a permis aux photographes de faire leur travail, mardi soir, au Centre Vidéotron.</p>
Toujours Alice
En première partie, Alice Cooper a été à la hauteur de sa réputation en sortant tout son arsenal grand guignolesque : fleuret, fouet, camisole de force, monstre de Frankenstein géant et l'incontournable guillotine qui vient lui trancher la tête pendant I Love the Dead.
Mais comme toujours, ce zombie sans âge finit toujours par revenir à la vie... à la pièce suivante, qui est bien sûr le classique School's Out qui vient clore le spectacle alors que le chanteur prend un plaisir fou à crever des ballons géants avec son couteau de chasse.
Cooper était comme toujours entouré d'une bande de solides musiciens : les guitaristes Nita Strauss, qui est sûrement tombée dans l'oeil, et dans l'oreille, de plusieurs spectateurs mercredi soir, Ryan Roxie et Tommy Henriksen, le bassiste Chuck Garric et, bien sûr, Sobel qui a encore une fois doublé son chèque de paie mercredi soir.
Contrôlants
Finalement, non seulement les gars de Mötley Crüe avaient-ils interdit aux photographes d'accéder au Centre Vidéotron pendant leur spectacle (plus gentil, Alice Cooper a permis aux artistes de l'image de faire leur travail), mais ils ne voulaient semble-t-il qu'aucune critique de leur spectacle ne soit écrite en raison de l'absence de leur batteur vedette. Peut-être un peu aussi parce que le chanteur Vince Neil a beaucoup moins fière allure avec son visage bouffi et sa silhouette digne de Jabba le Hutt ou du Bibendum Chamallow...
Les journalistes ont donc dû payer leur billet pour assister au spectacle et trouver une façon d'écrire leurs articles avant l'heure de tombée parce qu'ils n'avaient pas accès à la galerie de presse. Drôle de façon d'essayer de contrôler l'information de la part d'un groupe à la réputation rebelle qui dit se foutre des règles et des conventions.